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Diffusion de la culture scientifique :
les enjeux d'une communication.
Largement développée Outre-Atlantique, la communication
scientifique reste encore en Europe l'affaire des chercheurs.
Mais qu'entend-on exactement par communication
scientifique ? L'expression désigne en effet aussi bien la
communication des résultats entre chercheurs, par le biais du
sacro-saint système de la publication scientifique et de la
validation par les pairs, que la transmission de ces mêmes résultats
vers un public plus large, principalement par la médiation des
journalistes. Si dans sa première acception la communication
scientifique fait l'objet de nombreux débats et initiatives,
notamment autour de la question du libre accès aux données, force
est de constater que les scientifiques ne se sont jusqu'alors que
peu souciés de la promotion de la culture scientifique et technique
(CST).
Or,
la méfiance croissante d'une partie de l'opinion publique à l'égard
de certains domaines de la recherche, tels le nucléaire ou le génie
génétique, qui va de pair avec la prise de conscience de la
nécessité de préserver notre environnement, a engendré un doute
quant à la responsabilité des scientifiques. Parallèlement, le
relatif désintérêt des jeunes pour les études supérieures à
dominante scientifique inquiète les pouvoirs publics confrontés à
l'impérieuse nécessité de remplacer une part importante des
effectifs des établissements publics de recherche dans les années à
venir.
Décidées à combler la "fracture" entre science et société,
les instances décisionnelles, tant au niveau
national(1)
qu'européen(2), mettent en
place des plans d'action spécifiques destinés à promouvoir à la fois
l'éducation et la CST.
Une politique scientifique plus
proche du citoyen
Principal objectif de ces campagnes d'information :
réconcilier société "savante" et société civile en dissipant les
stéréotypes et autres clichés qui tendent à donner de la science une
image trop éloignée des préoccupations réelles des citoyens.
Développer les échanges entre les chercheurs et les acteurs
sociaux(3), convier les citoyens à prendre part
au dialogue sur l'éthique scientifique, rendre plus accessibles les
résultats de la recherche, permettre aux décideurs politiques de
s'appuyer sur la meilleure expertise scientifique possible afin de
disposer d'une information exhaustive sur les problèmes débattus,
encourager l'accès des femmes - actuellement sous-représentées - aux
carrières scientifiques… Facteur crucial d'innovation et de
développement, le progrès scientifique doit s'accompagner d'une
démarche explicative permettant de favoriser la transmission du
savoir.
L'implication directe des chercheurs est également
indispensable au renforcement des liens entre science et citoyens. A
cet égard, le Projet d'Établissement du CNRS attirait l'attention
des personnels des établissements de recherche sur "leur devoir
de responsabilité scientifique face à cette même société, qui se
fonde à la fois sur un devoir d'écoute social et un devoir
d'alerte"(4). L'objectif est clair. Si la
société méconnaît la complexité du processus d'élaboration des
connaissances, il appartient aussi aux organismes de recherche
d'œuvrer à la mise en place de méthodes pédagogiques, basées tant
sur l'observation que sur l'expérimentation, pour promouvoir la
science auprès du plus grand nombre et particulièrement du jeune
public.
Les NTIC(5), vecteur privilégié de promotion de la
science
Encourager la démarche citoyenne en étant en mesure de
répondre aux questions de toute personne soucieuse de mieux
appréhender son environnement socio-culturel constitue l'un des
principaux enjeux de la stratégie de communication qui, depuis
plusieurs années déjà, se met en place.
Si
cette volonté de "médiation scientifique" nécessite la création
d'espaces de rencontre et de dialogue avec le public ainsi qu'une
politique active de partenariats avec les structures existantes en
matière d'enseignement et de culture, elle doit également s'appuyer
sur les NTIC. La percée d'Internet dans les foyers et la nature
même de ce nouveau média offrent en effet de réelles perspectives en
matière de diffusion de la CST. Les institutions dédiées à la
recherche, à l'enseignement et à la culture, souvent parmi les
premiers utilisateurs d'Internet, ont commencé à intégrer le réseau
dans leur stratégie de communication, à l'image de certains musées
ou bibliothèques dont les sites web permettent à un public varié
d'accéder à leur patrimoine.
A
l'échelle de l'Europe, le plan d'action "Science et Société" publié
par la Commission Européenne met l'accent sur le développement de
produits multimédias et de méthodes pédagogiques plus attrayantes -
notamment par l'utilisation des NTIC - pour sensibiliser le jeune
public à la démarche scientifique et susciter son intérêt.
Encore
récente, cette prise de conscience de la nécessité de réconcilier
science et société amène nos institutions à reconsidérer les modèles
traditionnels de la transmission des savoirs aujourd'hui dépassés
par le rythme élevé de l'innovation technologique. Ce processus
nécessite cependant l'implication forte de l'ensemble des acteurs et
ce à tous les niveaux : européen, national, régional et local. Mais
l'enjeu est de taille car il ne s'agit de rien d'autre que de
regagner la confiance du public dans le progrès scientifique et
technologique.
(1) Voir le
Projet d'Établissement du Centre National de la Recherche
Scientifique (fév. 2002) et le Contrat d'action pluriannuel CNRS -
État 2002-2005, tous deux disponibles sur le site CNRS (http://www.cnrs.fr/).
(2) Voir le
Plan d'action " Science et Société " publié par la Direction
Générale de la Recherche de la Commission Européenne, disponible
auprès de l'Office des Publications Officielles des Communautés
Européennes ou sur le site du Service Communautaire d'Information
sur la Recherche et le Développement (CORDIS) (http://www.cordis.lu/rtd2002/science-society/home.html).
(3) Qu'il
s'agisse de l'industrie, d'ONG (organisations non
gouvernementales), comme d'organes représentatifs de la société
civile ou des communautés culturelles et religieuses.
(4) Projet
d'Établissement du Centre National de la Recherche Scientifique,
fév. 2002, p.40.
(5) Nouvelles
Technologies de l'Information et de la
Communication.


La Communauté Urbaine du Grand
Nancy
20
communes, 265 000 habitants, un budget 2002 de 448 millions d'euros
et une cinquantaine de domaines de compétences, parmi lesquels la
culture scientifique et technique.
C'est à
ce titre que le Grand Nancy a en charge les trois grandes
institutions que sont le Conservatoire et Jardin Botanique du Montet
et le Museum Aquarium de Nancy - dont la Communauté urbaine partage
la co-responsabilité avec l'Université Henri Poincaré - et le Musée
de l'Histoire du Fer, qui possède son propre centre dédié à la
culture scientifique et technique. Ces trois institutions sont
elles-mêmes mises en réseau avec l'université afin de permettre un
meilleur partage des ressources à disposition.
Elément
fort de la légitimité des collectivités territoriales, cette
compétence dans le secteur de la culture scientifique et technique
s'exerce en parallèle du soutien apporté à l'université et la
recherche, deux composantes fortement représentées sur le territoire
de l'agglomération nancéienne qui compte trois universités ainsi que
plusieurs laboratoires de recherche dépendants des grands
établissements publics à caractère scientifique et technique (EPST)
que sont le CNRS, l'INRA ou l'INRIA.
S'il
est important de mettre en place et de développer les moyens
d'accéder à la culture scientifique et technique - à l'image des
quatre premières cyber-bases qui ont vu le jour dans l'agglomération
- il n'en est pas moins indispensable de s'appuyer sur des
évènements phares qui fédèrent autant les compétences que le public.
Première manifestation de ce type, ExpoNanCiel a ainsi attiré plus
de 15 000 visiteurs en quête de savoir.
Prochain rendez-vous en 2005 avec les manifestations prévues
dans le cadre du 250è anniversaire de la Place
Stanislas.

Directeur de la publication : Raymond Duval Rédacteur en
Chef : Eric Goettmann Remerciements à Hélène Creusot
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Trimestriel d'information publié par l'Institut de
l'Information Scientifique et Technique du Centre National de la
recherche Scientifique |