La Souris Déchaînée 126, vendredi 6 septembre 2002
L'Edito de Michel Lo

Sommaire
Hellénique les jeux
La petite maison dans l'eBay (des cochons)
CHINE : Toujours la censure sur Internet
Des cantiques comme sonnerie de téléphone
Surcouf à Strasbourg
Internet au secours des relations Nord-Sud
Vitesse sur la route : prévention ou argent
Napster ferme définitivement
Opérer un hologramme et laisser faire le robot
Un braqueur épinglé pour curiosité sur le réseau

Le courrier des lecteurs

Il fut un temps où La Souris Déchaînée avait une tribune d'expression pour toutes les personnes qui n'étaient pas d'accord avec les analyses, jugements ou même simplement parfois questions que posaient les journalistes de LSD. On publiait sur le web les mails (parfois un peu arrangés dans la forme pour qu'ils soient compréhensibles pour le lecteur), et on y répondait.

Cela nous servait de courrier des lecteurs, ne chargeait pas trop le journal, et le lien dans "l'ours" en bas de page permettait d'aller lire ou d'envoyer une réaction.

Et puis, au changement de maquette de LSD, le lien vers la tribune des lecteurs (toujours accessible à partir du kiosque) a été oublié dans l'indifférence générale, à la fois des membres de la rédaction, mais aussi des lecteurs.
Je reçois toujours de temps en temps quelques mails enflammés auxquels je réponds avec attention, ce qui parfois entraîne des échanges assez longs, car la plupart de ceux qui écrivent ne se contentent pas d'injures à fleur de peau, mais sont capables de réflexion, ce qui permet de part et d'autre d'avoir une meilleure compréhension mutuelle d'un problème particulier.
Mais ces échanges sont faits dans un cadre privé, la plupart du temps dans un dialogue, et personne ne les voit ni ne peux participer.

Il nous semble qu'il faut que nous remettions ce "courrier des lecteurs" en place, car il apporte à chaque lecteur la possibilité de réagir et surtout de pouvoir compléter son information par un avis parfois fort divergent de la vue délibérément subjective de la ligne rédactionnelle de LSD.

Nous avons deux possibilités : soit de créer un forum non modéré lisible par tous, mais où seuls les abonnés de LSD pourront poster, soit d'utiliser la boite aux lettres tribunelsd@ftpresse.fr pour recevoir vos missives que nous reproduirons (éventuellement de façon partielle à la mode du courrier des lecteurs classiques) avec une réponse éventuelle dans un chapitre spécial "Courrier des lecteurs" dans chaque numéro de LSD.

Et comme la "gouvernance" est à la mode, on va vous demander votre avis : Forum ou Courrier des lecteurs ?

Répondez à tribunelsd@ftpresse.fr et de toute façon, à bientôt de vous lire, que vous soyez d'accord ou pas d'accord !

© La Souris Déchaînée 6/9/2002


info lecteurs
 

APPEL AUX CHERCHEURS, AUX ENSEIGNANTS-CHERCHEURS ET AUX ETUDIANTS
Fête de la Science, Paris, 14-20 octobre 2002

Opération "Les chercheurs parlent aux enfants"

La Mairie de Paris et l'Académie de Paris s'associent pour mettre en relation lesécoles élémentaires et les centres de loisirs de Paris avec des scientifiques. L'objectif est de sensibiliser les enfants, dès le plus jeune âge, et les enseignants, à l'importance d'une culture scientifique et expérimentale.

Chercheurs, enseignants-chercheurs ou étudiants, présenteront aux enfants, sous forme d'exposés interactifs et de démonstrations expérimentales, des sujets scientifiques touchant à la vie et à l'environnement quotidien, tels que la matière, le corps humain, l'énergie, les TIC, le ciel et la terre... les sciences humaines sont également concernées.

Les scientifiques qui souhaitent participer à l'opération sont appelés à élaborer des propositions. Une fois validées, ces « fiches actions » seront publiées sur les sites internet de l'Académie et de la Ville de Paris. Les écoles et les centres de loisirs pourront alors les consulter et inviter leurs auteurs à intervenir dans les classes pendant la semaine de la Fête de la Science.

Dès le 5 septembre, connectez-vous sur l'un des sites Internet pour retirer un dossier. Répondre de préférence par Internet avant le 11 octobre 2002.

Académie de Paris : http://w3.scola.ac-paris.fr/
Mairie de Paris : http://www.paris.fr/

Contact
Marie-Claude MOMBET, Délégation aux Arts et à la Culture, Académie de Paris
Tél. : 01.44.62.40.57
Fax : 01.44.62.40.50
Mèl : mailto:mombetmc@altern.org

Hellénique les jeux

Depuis les Jeux Olympiques, il semblerait que le rapport entre la Grèce et les jeux aient quelque peu évolué. A tel point d'ailleurs que le Parlement grec vient de voter une loi, numérotée 3037, qui interdit l'utilisation de jeu sur le territoire hellénique.
Le but de cette loi était d'interdire les jeux d'argent. Mais le gouvernement grec, super calé en architectures dorique et corinthienne, ne sait pas faire la différence entre un jeu vidéo tout bête et un jeu vidéo d'argent illégal.
Du coup, quand on ne sait pas on interdit, c'est bien plus facile. Il sera donc impossible, si on souhaite respecter la loi, de jouer sur une console, un PC ou même un téléphone portable, que ce soit dans des lieux publics ou privés.
Tout contrevenant pourrait se voir condamné à une peine de prison allant de un à douze mois auxquels s'ajoute une amende de 5.000 EUR. Attention ami touriste, cela est également valable pour vous. Et si vous récidivez dans le péché ludique la peine de prison reste d'un an au maximum mais l'amende passe à 50.000 ou 75.000 EUR. Autant dire qu'il y a de quoi s'acheter des consoles et des PC avec tout ça. Bien évidemment, une certaine résistance c'est mise en place, et des pétitions circulent sur les sites Web.

Il reste qu'une autre information laisse pantois tant elle donne dans l'excès inverse. L'éditeur de jeux vidéo Acclaim, à qui on doit notamment la série Mortal Kombat, vient de faire une offre particulière. Elle fera don de 10.000 $US en bons d'épargne à la première famille dont l'enfant, qui sera né le 1er septembre, sera baptisé Turok Turok, étant pour les ignares sains d'esprit, le nom d'un Indien qui tue des lézards géants. Ce jeu vidéo se verra doté d'une nouvelle mouture le 1er septembre.
La nouvelle fait peur, et on comprend finalement que les Grecs veuillent éviter de tels débordements.

Pourtant, nous voilà condamnés à ne jamais voir SuperMario délivrer la belle Hélène.
Et la Grèce de faire des chiasmes de ses origines, et des jeux de la cité passe à l'interdiction de citer pour les jeux.
Tristes affaires.

http://www.parliament.gr/english

P.F. © La Souris Déchaînée 6/9/2002


La petite maison dans l'eBay (des cochons)

Imaginez une cabane, en planche, elles sont disjointes, au bord d'une route triste, déserte, lézardée, les volets claquent au vent mauvais (forcément), les chiens aboient, la caravane passe et le facteur sonne, toujours trop tôt.
Cette cabane n'est pas la maison d'enfance de Georges Walker Bush. Car ce triste logement n'est pas à vendre sur eBay pour environ 250.000 $US. Alors que la maison d'enfance de Bush Jr, si.
Elle a été mise en vente par ses actuels propriétaires, les Ervin, qui l'avaient eux-mêmes achetée aux Bush, quand ces derniers étaient partis vivre à Houston ("we've got a problem ?") en 1959. C'est vous dire si c'est un bien précieux.
On découvre alors que les Bush sont des gens très propres sur eux, puisque cette maison, dotée de 4 chambres, ne compte pas moins de trois salles de bain. Incroyable non ?
La mise en vente en ligne est parue le 17 août et depuis, la maison, où les éclats de rire des jeunes Bush ont résonné, cette maison du Midland, où gambadèrent le maître du monde et son frère, cette maison est à vendre.
Mais, de peur d'avoir à affronter tous les fantômes des condamnés à mort non graciés par G. W. B., qui s'y seraient réunis, notre choix se portera plutôt sur la petite cabane en planches, disjointes, qui n'est hélas pas sur eBay

Tout cela n'est-il pas émouvant ?

P.F. © La Souris Déchaînée 6/9/2002


CHINE : Toujours la censure sur Internet

Jusqu'à présent, la Chine n'avait bloqué que des sites internet qu'ils jugeaient déplaisants, mais pas encore les moteurs de recherche.

Et bien, voilà qui est fait avec la censure de google.

Le raisonnement du gouvernement chinois consistait jusqu'à présent à bloquer l'information en provenance des sites d'information indépendante (en particulier les sites d'information des supports anglophones) et ceux des groupes de défense des droits de l'homme.
Avec le blocage de google, le raisonnement se modifie et devient un peu plus radical : on ne se contente plus de bloquer les sites d'information, mais on essaye de faire en sorte d'empêcher que les chinois ne puissent connaître leur existence.

Quel est donc l'événement qui a provoqué cette escalade des autorités chinoises dans la censure ?

A part le prochain congrès du Parti Communiste Chinois de novembre prochain, on ne voit pas bien ce qui a provoqué cette action répressive. Et comme ce prochain congrès prévoit la nomination de nouveaux dirigeants, on peut se demander s'il ne s'agit pas là d'une manoeuvre pour que les dissidents chinois à l'étranger ne puissent pas exprimer des doutes basés sur des faits peu avouables à propos des futurs nouveaux dirigeants.

Car, en Chine, il semblerait bien qu'il soit toujours plus dommageable de perdre la face que la liberté, surtout celle des autres.

C'est ce que semble en tous cas confirmer la magnifique interview de l'Ambassadeur de Chine en France réalisé par Internet-Actu.

Le préambule de Son Excellence Jianmin Wu en appelait à une plus grande démocratie internationale, une diversité culturelle soutenue à l'image de la bio-diversité et une ouverture "politique et culturelle" de son pays au monde. Bref, un début super jusqu'à la question qui fâche de Martin Jouanneau :

"M. l'ambassadeur, votre exposé met au crédit de la Chine de louables intentions sur le plan international. On comprend d'autant plus mal votre souhait de "démocratisation des relations internationales", de "construction multipolaire des relations économiques" et de "propagation des moyens de communication et d'échange", que votre pays pratique la censure sur le réseau de communication mondial qu'est Internet. Internet y est à la fois censuré et utilisé comme une arme contre la liberté d'expression. Pouvez-vous expliquer cette contradiction qui fait que vous emprisonnez pour de lourdes peines des internautes et des journalistes et que vous censurez même vos partenaires commerciaux, comme Yahoo!, qui malheureusement se laissent faire ?"

Pour ceux qui ne manipulent pas bien la langue diplomatique, cela veut dire en gros : "Vous nous racontez des craques sur la démocratie, parce que vous faites exactement le contraire en censurant et en emprisonnant : qu'avez vous à répondre à ça ?".

La réponse de l'Ambassadeur vaut son pesant de riz gluant :

Jianmin Wu : "Votre question pose la question de fond de la démocratie et de son évolution dans le monde. Je considère qu'il n'y a pas de modèle en la matière, pas de pensée unique.

Dans son histoire, la Chine a subi plusieurs humiliations de la part des démocraties occidentales. De la défaite de la guerre de l'opium au milieu du XIXème siècle, à la trahison des puissances victorieuses de la première guerre mondiale, les "démocraties" se sont discréditées aux yeux des Chinois.
[...]
Nous avons appris de la "révolution culturelle", phase de liberté d'expression en Chine, que le pays n'était pas adapté à cette politique libertaire. La Chine est alors retombée très bas. La démocratie reste, pour la Chine, un but à atteindre progressivement.

Pour ce qui concerne directement les personnes que vous évoquez, je ne suis pas au courant. Je ne suis pas magistrat, mais je tiens à souligner que nous sommes partisans de l'Etat de droit. Si quelqu'un enfreint la loi, il est sanctionné.
Quant aux censures sur les réseaux, nous devons notamment protéger notre jeunesse de la pornographie. C'est en ce sens que nous avons conclu des accords avec nos partenaires internationaux du secteur. Vous devez savoir, en outre, que ces mesures sont très peu efficaces."


Je vous retraduis :

"On n'en a rien à foutre de vos histoires de démocratie, car vous êtes pas mieux que nous, et nous faisons chez nous comme nous voulons.
Je ne répondrai pas à vos accusations sur les condamnations, car on a nos lois et vous nous imposerez pas les vôtres.
Quant à la censure, c'est à nous de juger ce qui est néfaste pour notre jeunesse, et n'en faites pas un fromage, car de toutes façons, vous essayez bien de les contourner."


Les internautes chinois ne sont pas sortis de l'auberge...

M.L. © La Souris Déchaînée 6/9/2002


Des cantiques comme sonnerie de téléphone

L'église catholique néerlandaise a inventé un nouveau business : les airs de cantique comme sonnerie de téléphone.

Pieuse action, car, comme le rappelle un responsable de la dite église, chaque appel que vous recevrez peut être l'occasion d'un moment d'inspiration et de réflexion.

Bon.

Je vous recommande toutefois de réfléchir vite, même si c'est dans la sérénité, car je vous rappelle qu'après à peine quelques mesures, votre téléphone raccroche.

Et si jamais la fantaisie vous prend de mettre l'Ave Maria ou Salve Regina sur votre téléphone, je me permets de nouveau de souligner que lorsqu'on déguste un bon plat au restaurant, on est en général déjà en état d'inspiration et de réflexion, et que tout cantique qu'il soit, le bruit aigrelet mais perçant des sonneries de portables risque fort d'indisposer.

L'argent (1,5 euro par téléchargement de sonnerie) n'est pas destiné à faire des profits, mais ira à des oeuvres de charité. Gérées par l'église néerlandaise, je présume.

En tout cas, on peut repasser pour l'universalité : l'église néerlandaise ne s'est pas encore rendue compte que sur Internet, il fallait raisonner en terme mondial, ou tout au moins au minimum d'Europe, car on peut télécharger ces sonneries que si on est néerlandais...

A moins que ce ne soit tout bêtement un problème de partage de territoires et que l'Eglise Néerlandaise n'ait pas le droit d'aller solliciter de l'argent sur le territoire de l'Eglise Française.

On voit de ces trucs, je vous jure ...

http://www.catholictunes.nl/

M.L. © La Souris Déchaînée 6/9/2002


Surcouf à Strasbourg

Tous les parisiens connaissent Surcouf : la foire de l'informatique avec ses stands.

Le principe marketing est simple : on fait croire à l'acheteur que les stands sont indépendants pour l'obliger à circuler un maximum dans le magasin pour faire ses achats et ainsi augmenter son "exposition" et les chances d'achat.

Ceux qui ont acheté chez Surcouf en connaissent les conséquences néfastes : on perd du temps, les vendeurs des différents "stands" vous racontent des choses souvent divergentes et parfois opposées, et il n'est pas rare qu'en revenant un ou deux ans après, vous ne trouviez plus les fournitures de la magnifique-dernière-imprimante que vous aviez acheté sous la pression convaincante du vendeur qui d'ailleurs n'est plus là.

Les prix sont supposés défier toute concurrence, ce qui est le plus souvent inexact, et il n'est qu'à consulter les publicités des magazines spécialisés en informatique pour se rendre compte du fait.

Il n'empêche que Surcouf à Paris fait 170 millions de CA par an, et que, bien utilisé (c'est à dire en particulier sans trop compter sur leur services après vente et en sachant bien ce que l'on veut acheter), Surcouf peut être utile. Mais pas toujours moins cher !

Le mec qui a inventé Surcouf, le "corsaire" de la distribution informatique, s'est bien démerdé, car Surcouf a été racheté par Pinault-Printemps-Redoute, et est désormais intégré ... à la FNAC, tout en gardant son enseigne.

Bref, Strasbourgeois (et bientôt d'autres grandes villes en France), vous voilà prévenus : sachez consommer intelligemment.

M.L. © La Souris Déchaînée 6/9/2002


Internet au secours des relations Nord-Sud

Le nombre de cybercafés explose en Côte d'Ivoire, et particulièrement dans le quartier chic de Cocody à Abidjan.
La fréquentation de ces cybercafés est assurée majoritairement par des jeunes filles de 11 à 25 ans, dont l'objectif principal est d'épouser un blanc, qu'il soit européen, américain ou un Canadien. Le Russe ne semble pas à l'ordre du jour.

Les motivations sont froidement expliquées sans aucune fausse pudeur par ces jeunes filles.

Zeinab déclare : "Moi, c'est clair dans ma tête. Je reçois des messages enflammés de blacks, mais ça ne m'intéresse pas du tout, que vais-je faire avec les noirs ?"
Adèle Koné ajoute cyniquement : "Les noirs ne respectent pas les femmes, et en plus les blancs ont de l'argent"

Certaines de ces jeunes filles passent jusqu'à 4 heures par jour dans ces cybercafés, à mettre leur plus belles photos en ligne, à répondre aux mails de leurs e-soupirants, et à essayer d'obtenir de leur correspondant un billet d'avion et une invitation pour l'obtention du visa.

Dans cette course ahurissante, les rumeurs vont bon train sur les cas de succès où la jeune fille africaine a épousé un homme blanc contacté sur internet, sans que l'on sache réellement si cette rumeur est exacte, ou s'il n'y a pas confusion entre un billet d'avion payé et un mariage effectif.

Les copines se refilent les adresses des sites où le succès est le plus probable pour rencontrer l'âme soeur de l'un de ces pays mythiques du nord, et sans même se rendre compte que certains noms de site présentent un contenu sémantique contradictoire avec leurs objectifs, tel que drague.net, ondikoi.com et autres rencontre-quelquechose...

On ne sait trop comment réagir à ce phénomène : d'un côté, il ne peut être question de censurer ou d'interdire l'accès d'Internet à des personnes qui voient dans ces échanges un espoir de sortir d'une situation personnelle difficile dans le contexte de la paupérisation de la population africaine. Mais d'un autre, on sent tout le potentiel dangereux d'une exploitation aux desseins inavouables d'individus ou d'organisations qui pourraient être tentés d'utiliser la situation fragile de ces jeunes filles pour en faire un commerce sexuel.

Le pire est probablement que les plus acharnées vont jusqu'à dépenser 40000 francs CFA (environ 400F français) par semaine pour leurs connexions, alors que le smic légal est de 36000F CFA en Côte d'Ivoire.

Et il paraît que les jeunes hommes font désormais la même chose et la rumeur indique que deux d'entre eux viennent d'épouser des femmes blanches.

Entre les grands discours sur l'importance de l'Internet pour un renforcement des liens Nord-Sud (sans que l'on sache d'ailleurs vraiment exactement dans quel domaine ce renforcement peut se faire), et la constatation au jour le jour de ce qu'il faut bien appeler localement un phénomène de société, il y a un abîme qui laisse rêveur.

M.L. © La Souris Déchaînée 6/9/2002


Vitesse sur la route : prévention ou argent

L'équation de la limitation des vitesses excessives sur la route est un équilibre subtil dont les termes ne sont pas toujours bien appréhendés par le public. Et l'équilibrage des décisions entre prévention et sanction n'est pas toujours dénué d'un certain cynisme.

En effet, le renforcement des mesures de sanction (points et amendes), et surtout la sévérité dans leurs applications on des conséquences co-latérales non négligeables : le budget.

En effet, qualitativement, la prévention coûte de l'argent et la répression en rapporte. C'est simple : si vous faites de la répression, vous sanctionnez par des amendes, et donc vous récupérerez de l'argent. Si vous faites de la prévention, non seulement vous dépensez pour la faire, mais en plus, si vous êtes efficaces, vous percevez moins d'argent par la répression.

Evidemment, la pression de l'opinion publique ne peut pas s'accommoder d'une action basée uniquement sur la répression, mais il est tout aussi évident que, pour de simples questions d'équilibre budgétaire, il est illusoire de penser que l'aspect répressif du contrôle de la route puisse faire fi de toute considération financière...

Quantitativement, il faudrait pouvoir accéder à la comptabilité détaillée de l'état pour pouvoir dire ce que rapportent les amendes liées aux excès de vitesse. Mais tout de même, la ligne de recettes du budget 2002 donne pour les seules amendes forfaitaires de la police de la circulation un montant de 309 millions d'euros... (source : les annexes "bleus" budgétaires du projet de loi de finances 2002).

Au Danemark, Lene Espersen, le Ministre de la Justice, a annoncé une mesure tout à fait originale, et certainement révolutionnaire dans l'esprit : il va publier sur internet une carte où vont figurer les points les plus susceptibles d'être contrôlés par radar.
Son raisonnement est simple : les contrôles sont faits surtout dans les endroits dangereux où l'infrastructure routière incite à l'excès de vitesse, mettant ainsi la vie du public en danger. En publiant les points chauds, il incite les automobilistes à lever le pied dans ces zones et atteint donc son objectif de prévention !

Le Danemark a tout de même 23 millions d'euros inscrits à son budget pour les recettes d'amendes liées directement aux contrôles radar.

Personne n'est parfait !

M.L. © La Souris Déchaînée 6/9/2002


Napster ferme définitivement

Ca y est, la longue agonie de Napster à coup d'annonces de rachat par Bertelsmann vient de s'achever. Le juge Peter Walsh du tribunal de Wilmington vient de prononcer la liquidation de toute la société.

Point final.

Bertelsmann proposait de racheter les actifs de Napster pour 8 millions de dollars contre l'effacement de la dette de 85 millions de dollars, principalement due aux condamnations de violation de droits de copyright prononcés contre Napster.
Et l'affaire a échoué parce que le PDG de Napster, Konrad Hilbers est ancien cadre de Bertelsmann et avait donc un pied dans les deux entreprises. le juge a en particulier cité un mail de Hilbers dans lequel il écrivait : "J'ai toujours pris mes décisions en fonction de ce que je pensais être le mieux pour Bertelsmann".

Super.

Quant aux créanciers, ils sont finalement plutôt satisfaits, car même s'ils ne toucheront de toutes façons pas les 85 millions de dollars, ils espèrent que les actifs de Napster vaudront plus que les 8 millions de dollars proposés par Bertelsmann.

Et voilà comment Napster disparaît.

Que le dernier ferme la lumière en sortant.

M.L. © La Souris Déchaînée 6/9/2002


Opérer un hologramme et laisser faire le robot

Les Chirurgiens ont manifestement de moins en moins envie de mettre les mains dans le cambouis de nos organes. Menacé de procès, obligés d'ouvrir des intestins nauséabonds et autre foie engraissés aux hormones, on comprend qu'ils aimeraient bien passer le relais.

Aussi le professeur Soler, de l'Institut de recherche contre le cancer de l'appareil digestif (IRCAD) basé à Strasbourg, travaille avec son équipe sur la mise au point d'un appareil.
Son groupe de recherche, baptisé Virtual Surg (VIrtual Reality for TUmor Analysis and Liver SURGery), a mis au point un système permettant non seulement de détecter en 1/4 d'heure les plus petites tumeurs de l'appareil digestif, mais également de pratiquer des opérations virtuelles.

L'intérêt de cette technique d'opération est avant tout pédagogique. Quand l'étudiant boutonneux sectionne l'intestin grêle au lieu de l'inciser, ce n'est pas trop grave. Ctrl Z et le tour et joué, voilà le boyau comme neuf.

Mais à terme le professeur Frankenstein/Soler imagine qu'une opération virtuelle pourra être pratiquée dans le monde réel à l'aide de la robotique. Evidement il ne faudrait pas se planter de fichier/patient pour programmer le robot. Il ne ferait alors, de lui-même, aucune différence entre un colon simplement bouché et une tumeur.

Sérieusement les premières applications, c'est à dire les gestes les plus simples, devraient être testées dès l'an prochain. Il faudra encore patienter un moment avant de pouvoir télécharger son hologramme dans l'ordinateur d'un chirurgien, pour qu'il retourne la nouvelle configuration des organes après correction virtuelle.

http://www.virtual-surg.com/french/intro.htm

M.J. © La Souris Déchaînée 6/9/2002


Un braqueur épinglé pour curiosité sur le réseau

La curiosité est un vilain défaut, telle est la morale de cette histoire qu'on raconte aux enfants pas sages.

Un Allemand d'origine italienne s'est fait pincer par la police de Naples. Il avait commis l'un des premiers braquages en euros, empochant 8,6 millions de la nouvelle monnaie à Francfort au début de cette année.

Soucieux de savoir où en était l'enquête de Police sur ce braquage, il avait fait quelques recherches à ce sujet sur Internet. Il avait également échangé quelques considérations à propos de son exploit sur IRC avec quelques complices.

Comme par hasard la police napolitaine a débarqué un jour chez notre braqueur, alors qu'il était justement en train de surfer sur le réseau.

Quand on vous dit qu'on est surveillé c'est pas des blagues. Perso, j'arrête immédiatement mon dossier sur "Internet et le 11S" (comme on dit, paraît-il chez les chambrouilles). J'ai trop peur de me retrouver en camisole, bâillonné et les chevilles menottées au siège d'un cargo pour Guantanamo.

M.J. © La Souris Déchaînée 6/9/2002




La Souris Déchaînée (ex-Une Semaine sur le Net), créée par Michel Lo, est un titre du groupe FTPress

Directeur de la publication : François Vadrot

Rédacteur en chef : Michel Lo

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