Le courrier des
lecteurs
Il fut
un temps où La Souris Déchaînée avait une tribune d'expression pour
toutes les personnes qui n'étaient pas d'accord avec les analyses,
jugements ou même simplement parfois questions que posaient les
journalistes de LSD. On publiait sur le web les mails (parfois un
peu arrangés dans la forme pour qu'ils soient compréhensibles pour
le lecteur), et on y répondait.
Cela nous servait de
courrier des lecteurs, ne chargeait pas trop le journal, et le lien
dans "l'ours" en bas de page permettait d'aller lire ou d'envoyer
une réaction.
Et puis, au changement de maquette de LSD, le
lien vers la tribune des lecteurs (toujours accessible à partir du
kiosque) a été oublié dans l'indifférence générale, à la fois des
membres de la rédaction, mais aussi des lecteurs. Je reçois
toujours de temps en temps quelques mails enflammés auxquels je
réponds avec attention, ce qui parfois entraîne des échanges assez
longs, car la plupart de ceux qui écrivent ne se contentent pas
d'injures à fleur de peau, mais sont capables de réflexion, ce qui
permet de part et d'autre d'avoir une meilleure compréhension
mutuelle d'un problème particulier. Mais ces échanges sont faits
dans un cadre privé, la plupart du temps dans un dialogue, et
personne ne les voit ni ne peux participer.
Il nous semble
qu'il faut que nous remettions ce "courrier des lecteurs" en place,
car il apporte à chaque lecteur la possibilité de réagir et surtout
de pouvoir compléter son information par un avis parfois fort
divergent de la vue délibérément subjective de la ligne
rédactionnelle de LSD.
Nous avons deux possibilités : soit
de créer un forum non modéré lisible par tous, mais où seuls les
abonnés de LSD pourront poster, soit d'utiliser la boite aux lettres
tribunelsd@ftpresse.fr
pour recevoir vos missives que nous reproduirons (éventuellement de
façon partielle à la mode du courrier des lecteurs classiques) avec
une réponse éventuelle dans un chapitre spécial "Courrier des
lecteurs" dans chaque numéro de LSD.
Et comme la
"gouvernance" est à la mode, on va vous demander votre avis : Forum
ou Courrier des lecteurs ?
Répondez à tribunelsd@ftpresse.fr et
de toute façon, à bientôt de vous lire, que vous soyez d'accord ou
pas d'accord !
© La
Souris Déchaînée 6/9/2002

info
lecteurs |
APPEL AUX CHERCHEURS, AUX
ENSEIGNANTS-CHERCHEURS ET AUX ETUDIANTS Fête de la
Science, Paris, 14-20 octobre 2002
Opération "Les
chercheurs parlent aux enfants"
La Mairie de Paris et
l'Académie de Paris s'associent pour mettre en relation
lesécoles élémentaires et les centres de loisirs de Paris avec
des scientifiques. L'objectif est de sensibiliser les enfants,
dès le plus jeune âge, et les enseignants, à l'importance
d'une culture scientifique et expérimentale.
Chercheurs, enseignants-chercheurs ou étudiants,
présenteront aux enfants, sous forme d'exposés interactifs et
de démonstrations expérimentales, des sujets scientifiques
touchant à la vie et à l'environnement quotidien, tels que la
matière, le corps humain, l'énergie, les TIC, le ciel et la
terre... les sciences humaines sont également concernées.
Les scientifiques qui souhaitent participer à
l'opération sont appelés à élaborer des propositions. Une fois
validées, ces « fiches actions » seront publiées sur les sites
internet de l'Académie et de la Ville de Paris. Les écoles et
les centres de loisirs pourront alors les consulter et inviter
leurs auteurs à intervenir dans les classes pendant la semaine
de la Fête de la Science.
Dès le 5 septembre,
connectez-vous sur l'un des sites Internet pour retirer un
dossier. Répondre de préférence par Internet avant le 11
octobre 2002.
Académie de Paris : http://w3.scola.ac-paris.fr/ Mairie de
Paris : http://www.paris.fr/
Contact
Marie-Claude MOMBET, Délégation aux Arts et à la Culture,
Académie de Paris Tél. : 01.44.62.40.57 Fax :
01.44.62.40.50 Mèl : mailto:mombetmc@altern.org |
Depuis
les Jeux Olympiques, il semblerait que le rapport entre la Grèce et
les jeux aient quelque peu évolué. A tel point d'ailleurs que le
Parlement grec vient de voter une loi, numérotée 3037, qui interdit
l'utilisation de jeu sur le territoire hellénique. Le but de
cette loi était d'interdire les jeux d'argent. Mais le gouvernement
grec, super calé en architectures dorique et corinthienne, ne sait
pas faire la différence entre un jeu vidéo tout bête et un jeu vidéo
d'argent illégal. Du coup, quand on ne sait pas on interdit,
c'est bien plus facile. Il sera donc impossible, si on souhaite
respecter la loi, de jouer sur une console, un PC ou même un
téléphone portable, que ce soit dans des lieux publics ou privés.
Tout contrevenant pourrait se voir condamné à une peine de
prison allant de un à douze mois auxquels s'ajoute une amende de
5.000 EUR. Attention ami touriste, cela est également valable pour
vous. Et si vous récidivez dans le péché ludique la peine de prison
reste d'un an au maximum mais l'amende passe à 50.000 ou 75.000 EUR.
Autant dire qu'il y a de quoi s'acheter des consoles et des PC avec
tout ça. Bien évidemment, une certaine résistance c'est mise en
place, et des pétitions circulent sur les sites Web.
Il
reste qu'une autre information laisse pantois tant elle donne dans
l'excès inverse. L'éditeur de jeux vidéo Acclaim, à qui on doit
notamment la série Mortal Kombat, vient de faire une offre
particulière. Elle fera don de 10.000 $US en bons d'épargne à la
première famille dont l'enfant, qui sera né le 1er septembre, sera
baptisé Turok Turok, étant pour les ignares sains d'esprit, le nom
d'un Indien qui tue des lézards géants. Ce jeu vidéo se verra doté
d'une nouvelle mouture le 1er septembre. La nouvelle fait peur,
et on comprend finalement que les Grecs veuillent éviter de tels
débordements.
Pourtant, nous voilà condamnés à ne jamais
voir SuperMario délivrer la belle Hélène. Et la Grèce de faire
des chiasmes de ses origines, et des jeux de la cité passe à
l'interdiction de citer pour les jeux. Tristes affaires.
http://www.parliament.gr/english
P.F. ©
La Souris Déchaînée 6/9/2002

La petite maison dans l'eBay (des
cochons) |
Imaginez une cabane, en planche, elles sont disjointes, au
bord d'une route triste, déserte, lézardée, les volets claquent au
vent mauvais (forcément), les chiens aboient, la caravane passe et
le facteur sonne, toujours trop tôt. Cette cabane n'est pas la
maison d'enfance de Georges Walker Bush. Car ce triste logement
n'est pas à vendre sur eBay pour environ 250.000 $US. Alors que la
maison d'enfance de Bush Jr, si. Elle a été mise en vente par
ses actuels propriétaires, les Ervin, qui l'avaient eux-mêmes
achetée aux Bush, quand ces derniers étaient partis vivre à Houston
("we've got a problem ?") en 1959. C'est vous dire si c'est un bien
précieux. On découvre alors que les Bush sont des gens très
propres sur eux, puisque cette maison, dotée de 4 chambres, ne
compte pas moins de trois salles de bain. Incroyable non ? La
mise en vente en ligne est parue le 17 août et depuis, la maison, où
les éclats de rire des jeunes Bush ont résonné, cette maison du
Midland, où gambadèrent le maître du monde et son frère, cette
maison est à vendre. Mais, de peur d'avoir à affronter tous les
fantômes des condamnés à mort non graciés par G. W. B., qui s'y
seraient réunis, notre choix se portera plutôt sur la petite cabane
en planches, disjointes, qui n'est hélas pas sur eBay
Tout
cela n'est-il pas émouvant ?
P.F. ©
La Souris Déchaînée 6/9/2002

CHINE : Toujours la censure sur
Internet |
Jusqu'à
présent, la Chine n'avait bloqué que des sites internet qu'ils
jugeaient déplaisants, mais pas encore les moteurs de recherche.
Et bien, voilà qui est fait avec la censure de google.
Le raisonnement du gouvernement chinois consistait jusqu'à
présent à bloquer l'information en provenance des sites
d'information indépendante (en particulier les sites d'information
des supports anglophones) et ceux des groupes de défense des droits
de l'homme. Avec le blocage de google, le raisonnement se
modifie et devient un peu plus radical : on ne se contente plus de
bloquer les sites d'information, mais on essaye de faire en sorte
d'empêcher que les chinois ne puissent connaître leur existence.
Quel est donc l'événement qui a provoqué cette escalade des
autorités chinoises dans la censure ?
A part le prochain
congrès du Parti Communiste Chinois de novembre prochain, on ne voit
pas bien ce qui a provoqué cette action répressive. Et comme ce
prochain congrès prévoit la nomination de nouveaux dirigeants, on
peut se demander s'il ne s'agit pas là d'une manoeuvre pour que les
dissidents chinois à l'étranger ne puissent pas exprimer des doutes
basés sur des faits peu avouables à propos des futurs nouveaux
dirigeants.
Car, en Chine, il semblerait bien qu'il soit
toujours plus dommageable de perdre la face que la liberté, surtout
celle des autres.
C'est ce que semble en tous cas confirmer
la magnifique interview de l'Ambassadeur de Chine en France réalisé
par Internet-Actu.
Le préambule de Son Excellence Jianmin Wu
en appelait à une plus grande démocratie internationale, une
diversité culturelle soutenue à l'image de la bio-diversité et une
ouverture "politique et culturelle" de son pays au monde. Bref, un
début super jusqu'à la question qui fâche de Martin Jouanneau :
"M. l'ambassadeur, votre exposé met au crédit de la Chine de
louables intentions sur le plan international. On comprend d'autant
plus mal votre souhait de "démocratisation des relations
internationales", de "construction multipolaire des relations
économiques" et de "propagation des moyens de communication et
d'échange", que votre pays pratique la censure sur le réseau de
communication mondial qu'est Internet. Internet y est à la fois
censuré et utilisé comme une arme contre la liberté d'expression.
Pouvez-vous expliquer cette contradiction qui fait que vous
emprisonnez pour de lourdes peines des internautes et des
journalistes et que vous censurez même vos partenaires commerciaux,
comme Yahoo!, qui malheureusement se laissent faire ?"
Pour
ceux qui ne manipulent pas bien la langue diplomatique, cela veut
dire en gros : "Vous nous racontez des craques sur la démocratie,
parce que vous faites exactement le contraire en censurant et en
emprisonnant : qu'avez vous à répondre à ça ?".
La réponse
de l'Ambassadeur vaut son pesant de riz gluant :
Jianmin Wu
: "Votre question pose la question de fond de la démocratie et de
son évolution dans le monde. Je considère qu'il n'y a pas de modèle
en la matière, pas de pensée unique.
Dans son histoire, la
Chine a subi plusieurs humiliations de la part des démocraties
occidentales. De la défaite de la guerre de l'opium au milieu du
XIXème siècle, à la trahison des puissances victorieuses de la
première guerre mondiale, les "démocraties" se sont discréditées aux
yeux des Chinois. [...] Nous avons appris de la "révolution
culturelle", phase de liberté d'expression en Chine, que le pays
n'était pas adapté à cette politique libertaire. La Chine est alors
retombée très bas. La démocratie reste, pour la Chine, un but à
atteindre progressivement.
Pour ce qui concerne directement
les personnes que vous évoquez, je ne suis pas au courant. Je ne
suis pas magistrat, mais je tiens à souligner que nous sommes
partisans de l'Etat de droit. Si quelqu'un enfreint la loi, il est
sanctionné. Quant aux censures sur les réseaux, nous devons
notamment protéger notre jeunesse de la pornographie. C'est en ce
sens que nous avons conclu des accords avec nos partenaires
internationaux du secteur. Vous devez savoir, en outre, que ces
mesures sont très peu efficaces."
Je vous retraduis :
"On n'en a rien à foutre de vos histoires de démocratie, car
vous êtes pas mieux que nous, et nous faisons chez nous comme nous
voulons. Je ne répondrai pas à vos accusations sur les
condamnations, car on a nos lois et vous nous imposerez pas les
vôtres. Quant à la censure, c'est à nous de juger ce qui est
néfaste pour notre jeunesse, et n'en faites pas un fromage, car de
toutes façons, vous essayez bien de les contourner."
Les
internautes chinois ne sont pas sortis de l'auberge...
M.L. ©
La Souris Déchaînée 6/9/2002

Des cantiques comme sonnerie de
téléphone |
L'église catholique néerlandaise a inventé un nouveau
business : les airs de cantique comme sonnerie de téléphone.
Pieuse action, car, comme le rappelle un responsable de la
dite église, chaque appel que vous recevrez peut être l'occasion
d'un moment d'inspiration et de réflexion.
Bon.
Je
vous recommande toutefois de réfléchir vite, même si c'est dans la
sérénité, car je vous rappelle qu'après à peine quelques mesures,
votre téléphone raccroche.
Et si jamais la fantaisie vous
prend de mettre l'Ave Maria ou Salve Regina sur votre téléphone, je
me permets de nouveau de souligner que lorsqu'on déguste un bon plat
au restaurant, on est en général déjà en état d'inspiration et de
réflexion, et que tout cantique qu'il soit, le bruit aigrelet mais
perçant des sonneries de portables risque fort d'indisposer.
L'argent (1,5 euro par téléchargement de sonnerie) n'est pas
destiné à faire des profits, mais ira à des oeuvres de charité.
Gérées par l'église néerlandaise, je présume.
En tout cas,
on peut repasser pour l'universalité : l'église néerlandaise ne
s'est pas encore rendue compte que sur Internet, il fallait
raisonner en terme mondial, ou tout au moins au minimum d'Europe,
car on peut télécharger ces sonneries que si on est néerlandais...
A moins que ce ne soit tout bêtement un problème de partage
de territoires et que l'Eglise Néerlandaise n'ait pas le droit
d'aller solliciter de l'argent sur le territoire de l'Eglise
Française.
On voit de ces trucs, je vous jure ...
http://www.catholictunes.nl/
M.L. ©
La Souris Déchaînée 6/9/2002

Tous
les parisiens connaissent Surcouf : la foire de l'informatique avec
ses stands.
Le principe marketing est simple : on fait
croire à l'acheteur que les stands sont indépendants pour l'obliger
à circuler un maximum dans le magasin pour faire ses achats et ainsi
augmenter son "exposition" et les chances d'achat.
Ceux qui
ont acheté chez Surcouf en connaissent les conséquences néfastes :
on perd du temps, les vendeurs des différents "stands" vous
racontent des choses souvent divergentes et parfois opposées, et il
n'est pas rare qu'en revenant un ou deux ans après, vous ne trouviez
plus les fournitures de la magnifique-dernière-imprimante que vous
aviez acheté sous la pression convaincante du vendeur qui d'ailleurs
n'est plus là.
Les prix sont supposés défier toute
concurrence, ce qui est le plus souvent inexact, et il n'est qu'à
consulter les publicités des magazines spécialisés en informatique
pour se rendre compte du fait.
Il n'empêche que Surcouf à
Paris fait 170 millions de CA par an, et que, bien utilisé (c'est à
dire en particulier sans trop compter sur leur services après vente
et en sachant bien ce que l'on veut acheter), Surcouf peut être
utile. Mais pas toujours moins cher !
Le mec qui a inventé
Surcouf, le "corsaire" de la distribution informatique, s'est bien
démerdé, car Surcouf a été racheté par Pinault-Printemps-Redoute, et
est désormais intégré ... à la FNAC, tout en gardant son enseigne.
Bref, Strasbourgeois (et bientôt d'autres grandes villes en
France), vous voilà prévenus : sachez consommer
intelligemment.
M.L. ©
La Souris Déchaînée 6/9/2002

Internet au secours des relations
Nord-Sud |
Le
nombre de cybercafés explose en Côte d'Ivoire, et particulièrement
dans le quartier chic de Cocody à Abidjan. La fréquentation de
ces cybercafés est assurée majoritairement par des jeunes filles de
11 à 25 ans, dont l'objectif principal est d'épouser un blanc, qu'il
soit européen, américain ou un Canadien. Le Russe ne semble pas à
l'ordre du jour.
Les motivations sont froidement expliquées
sans aucune fausse pudeur par ces jeunes filles.
Zeinab
déclare : "Moi, c'est clair dans ma tête. Je reçois des messages
enflammés de blacks, mais ça ne m'intéresse pas du tout, que vais-je
faire avec les noirs ?" Adèle Koné ajoute cyniquement : "Les
noirs ne respectent pas les femmes, et en plus les blancs ont de
l'argent"
Certaines de ces jeunes filles passent jusqu'à 4
heures par jour dans ces cybercafés, à mettre leur plus belles
photos en ligne, à répondre aux mails de leurs e-soupirants, et à
essayer d'obtenir de leur correspondant un billet d'avion et une
invitation pour l'obtention du visa.
Dans cette course
ahurissante, les rumeurs vont bon train sur les cas de succès où la
jeune fille africaine a épousé un homme blanc contacté sur internet,
sans que l'on sache réellement si cette rumeur est exacte, ou s'il
n'y a pas confusion entre un billet d'avion payé et un mariage
effectif.
Les copines se refilent les adresses des sites où
le succès est le plus probable pour rencontrer l'âme soeur de l'un
de ces pays mythiques du nord, et sans même se rendre compte que
certains noms de site présentent un contenu sémantique
contradictoire avec leurs objectifs, tel que drague.net, ondikoi.com
et autres rencontre-quelquechose...
On ne sait trop comment
réagir à ce phénomène : d'un côté, il ne peut être question de
censurer ou d'interdire l'accès d'Internet à des personnes qui
voient dans ces échanges un espoir de sortir d'une situation
personnelle difficile dans le contexte de la paupérisation de la
population africaine. Mais d'un autre, on sent tout le potentiel
dangereux d'une exploitation aux desseins inavouables d'individus ou
d'organisations qui pourraient être tentés d'utiliser la situation
fragile de ces jeunes filles pour en faire un commerce sexuel.
Le pire est probablement que les plus acharnées vont jusqu'à
dépenser 40000 francs CFA (environ 400F français) par semaine pour
leurs connexions, alors que le smic légal est de 36000F CFA en Côte
d'Ivoire.
Et il paraît que les jeunes hommes font désormais
la même chose et la rumeur indique que deux d'entre eux viennent
d'épouser des femmes blanches.
Entre les grands discours sur
l'importance de l'Internet pour un renforcement des liens Nord-Sud
(sans que l'on sache d'ailleurs vraiment exactement dans quel
domaine ce renforcement peut se faire), et la constatation au jour
le jour de ce qu'il faut bien appeler localement un phénomène de
société, il y a un abîme qui laisse rêveur.
M.L. ©
La Souris Déchaînée 6/9/2002

Vitesse sur la route : prévention ou
argent |
L'équation de la limitation des vitesses excessives sur la
route est un équilibre subtil dont les termes ne sont pas toujours
bien appréhendés par le public. Et l'équilibrage des décisions entre
prévention et sanction n'est pas toujours dénué d'un certain
cynisme.
En effet, le renforcement des mesures de sanction
(points et amendes), et surtout la sévérité dans leurs applications
on des conséquences co-latérales non négligeables : le budget.
En effet, qualitativement, la prévention coûte de l'argent
et la répression en rapporte. C'est simple : si vous faites de la
répression, vous sanctionnez par des amendes, et donc vous
récupérerez de l'argent. Si vous faites de la prévention, non
seulement vous dépensez pour la faire, mais en plus, si vous êtes
efficaces, vous percevez moins d'argent par la répression.
Evidemment, la pression de l'opinion publique ne peut pas
s'accommoder d'une action basée uniquement sur la répression, mais
il est tout aussi évident que, pour de simples questions d'équilibre
budgétaire, il est illusoire de penser que l'aspect répressif du
contrôle de la route puisse faire fi de toute considération
financière...
Quantitativement, il faudrait pouvoir accéder
à la comptabilité détaillée de l'état pour pouvoir dire ce que
rapportent les amendes liées aux excès de vitesse. Mais tout de
même, la ligne de recettes du budget 2002 donne pour les seules
amendes forfaitaires de la police de la circulation un montant de
309 millions d'euros... (source : les annexes "bleus" budgétaires du
projet de loi de finances 2002).
Au Danemark, Lene Espersen,
le Ministre de la Justice, a annoncé une mesure tout à fait
originale, et certainement révolutionnaire dans l'esprit : il va
publier sur internet une carte où vont figurer les points les plus
susceptibles d'être contrôlés par radar. Son raisonnement est
simple : les contrôles sont faits surtout dans les endroits
dangereux où l'infrastructure routière incite à l'excès de vitesse,
mettant ainsi la vie du public en danger. En publiant les points
chauds, il incite les automobilistes à lever le pied dans ces zones
et atteint donc son objectif de prévention !
Le Danemark a
tout de même 23 millions d'euros inscrits à son budget pour les
recettes d'amendes liées directement aux contrôles radar.
Personne n'est parfait !
M.L. ©
La Souris Déchaînée 6/9/2002

Napster ferme
définitivement |
Ca y
est, la longue agonie de Napster à coup d'annonces de rachat par
Bertelsmann vient de s'achever. Le juge Peter Walsh du tribunal de
Wilmington vient de prononcer la liquidation de toute la société.
Point final.
Bertelsmann proposait de racheter les
actifs de Napster pour 8 millions de dollars contre l'effacement de
la dette de 85 millions de dollars, principalement due aux
condamnations de violation de droits de copyright prononcés contre
Napster. Et l'affaire a échoué parce que le PDG de Napster,
Konrad Hilbers est ancien cadre de Bertelsmann et avait donc un pied
dans les deux entreprises. le juge a en particulier cité un mail de
Hilbers dans lequel il écrivait : "J'ai toujours pris mes décisions
en fonction de ce que je pensais être le mieux pour Bertelsmann".
Super.
Quant aux créanciers, ils sont finalement
plutôt satisfaits, car même s'ils ne toucheront de toutes façons pas
les 85 millions de dollars, ils espèrent que les actifs de Napster
vaudront plus que les 8 millions de dollars proposés par
Bertelsmann.
Et voilà comment Napster disparaît.
Que
le dernier ferme la lumière en sortant.
M.L. ©
La Souris Déchaînée 6/9/2002

Opérer un hologramme et laisser faire le
robot |
Les
Chirurgiens ont manifestement de moins en moins envie de mettre les
mains dans le cambouis de nos organes. Menacé de procès, obligés
d'ouvrir des intestins nauséabonds et autre foie engraissés aux
hormones, on comprend qu'ils aimeraient bien passer le relais.
Aussi le professeur Soler, de l'Institut de recherche contre
le cancer de l'appareil digestif (IRCAD) basé à Strasbourg,
travaille avec son équipe sur la mise au point d'un appareil.
Son groupe de recherche, baptisé Virtual Surg (VIrtual Reality
for TUmor Analysis and Liver SURGery), a mis au point un système
permettant non seulement de détecter en 1/4 d'heure les plus petites
tumeurs de l'appareil digestif, mais également de pratiquer des
opérations virtuelles.
L'intérêt de cette technique
d'opération est avant tout pédagogique. Quand l'étudiant boutonneux
sectionne l'intestin grêle au lieu de l'inciser, ce n'est pas trop
grave. Ctrl Z et le tour et joué, voilà le boyau comme neuf.
Mais à terme le professeur Frankenstein/Soler imagine qu'une
opération virtuelle pourra être pratiquée dans le monde réel à
l'aide de la robotique. Evidement il ne faudrait pas se planter de
fichier/patient pour programmer le robot. Il ne ferait alors, de
lui-même, aucune différence entre un colon simplement bouché et une
tumeur.
Sérieusement les premières applications, c'est à
dire les gestes les plus simples, devraient être testées dès l'an
prochain. Il faudra encore patienter un moment avant de pouvoir
télécharger son hologramme dans l'ordinateur d'un chirurgien, pour
qu'il retourne la nouvelle configuration des organes après
correction virtuelle.
http://www.virtual-surg.com/french/intro.htm
M.J. ©
La Souris Déchaînée 6/9/2002

Un braqueur épinglé pour curiosité sur
le réseau |
La
curiosité est un vilain défaut, telle est la morale de cette
histoire qu'on raconte aux enfants pas sages.
Un Allemand
d'origine italienne s'est fait pincer par la police de Naples. Il
avait commis l'un des premiers braquages en euros, empochant 8,6
millions de la nouvelle monnaie à Francfort au début de cette année.
Soucieux de savoir où en était l'enquête de Police sur ce
braquage, il avait fait quelques recherches à ce sujet sur Internet.
Il avait également échangé quelques considérations à propos de son
exploit sur IRC avec quelques complices.
Comme par hasard la
police napolitaine a débarqué un jour chez notre braqueur, alors
qu'il était justement en train de surfer sur le réseau.
Quand on vous dit qu'on est surveillé c'est pas des blagues.
Perso, j'arrête immédiatement mon dossier sur "Internet et le 11S"
(comme on dit, paraît-il chez les chambrouilles). J'ai trop peur de
me retrouver en camisole, bâillonné et les chevilles menottées au
siège d'un cargo pour Guantanamo.
M.J. ©
La Souris Déchaînée 6/9/2002

FTPress est une société de presse
indépendante créée en septembre 1999 avec l'aide de FIST, filiale de
valorisation du CNRS.
A
vendredi prochain... |