Le CNRS a donné naissance à 100 entreprises en trois ans
- Interview
Jeanne Jordanov, déléguée régionale Aquitaine et Poitou-Charentes

- Interview
Dominique Dalmas, directrice des Affaires juridiques du CNRS

- Formation
Valoriser la valorisation
Une formation "Stratégie de partenariat et de valorisation"...

Une thèse. Et après ?
Les Doctoriales, des stages de préparation à l'après-thèse...
 
...la refonte du système Budget Finances Comptabilité (BFC)
 
Le REx... roi
Après le commerce, l'économie et la monnaie, la recherche aussi veut devenir européenne...
Tutelle
Emploi et Mobilité
Manifestations et colloques

Le CNRS a donné naissance à 100 entreprises

L'esprit d'entreprise et d'innovation est entré dans la culture des chercheurs des établissements publics. Le CNRS a fêté le 26 juin, en présence de Claudie Haigneré, ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles Technologies, et Geneviève Berger, directrice générale du CNRS, la centième création d'entreprise issue de ses laboratoires, depuis la mise en place de la Loi sur l'Innovation et la Recherche du 12 juillet 1999.

Lors de cette journée, cinq toutes jeunes entreprises issues du CNRS, avaient été invitées : Photline Technologies (télécommunications optiques), Protéin'eXpert (biotechnologies), Targa Therapies (thérapie génique du cancer), Geocarta (cartographie du proche sous-sol en 3D), et Lumilog (optoélectronique). La centième officielle se cache parmi ces jeunes pousses...

Cent "spin-off" ou "start-up" en trois ans ! Et le CNRS n'entend pas s'arrêter en si bon chemin, mais "augmenter ce rythme à 50 à 60 créations par an", a promis Geneviève Berger..

Sur les cent jeunes pousses créées par des chercheurs du CNRS, 45% se consacrent aux biologie et à la médecine, et 23% aux nouvelles technologies de l'information et de la communication.

La Loi sur l'Innovation et la Recherche a en effet - et c'était bien son objectif - permis de débloquer un certain nombre de freins à la création d'entreprises technologiques innovantes par les chercheurs des organismes publics de recherche pour valoriser leurs découvertes. Une nouvelle économie de la science a ainsi émergé, davantage tournée vers les besoins de la société, sans que la recherche fondamentale soit sacrifiée pour autant.

Si cette économie de l'innovation, mise en place par la loi de 1999, qui a institutionnalisé les incubateurs, les fonds d'amorçage et les concours d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes, a si rapidement porté ses fruits, c'est que, parallèlement, le CNRS s'est engagé dans une nouvelle et double stratégie visant d'une part, à protéger la propriété intellectuelles des découvertes réalisées dans ses unités de recherche, et d'autre part, à transférer ces découvertes vers le monde industriel et le marché. Fini donc l'opposition entre recherche fondamentale et recherche appliquée. La première doit, à travers la seconde, apporter de réelles innovations à la société. Juste retour aux origines de la mission du CNRS, si l'on y réfléchit.

"Pour protéger les découvertes, sans empêcher les chercheurs de publier rapidement leurs travaux, le CNRS dépose immédiatement un brevet national en France, puis réfléchit ensuite à l'opportunité d'une extension internationale", a expliqué Geneviève Berger.

Depuis la loi de 1999, de fait, le CNRS a déposé beaucoup plus de brevets qu'auparavant, dont la propriété n'est plus "abandonnée" à l'industrie, mais désormais quasi systématiquement co-détenue par le CNRS et un partenaire industriel. De plus en plus, celui-ci est une entreprise spécifiquement créée pour industrialiser la technologie issue du brevet.

La centième vient donc de naître... Le CNRS lui souhaite longue vie.

© CNRS juin 2002

 

 

Interview

Jeanne Jordanov, déléguée régionale Aquitaine et Poitou-Charentes

La valorisation, Jeanne Jordanov connaît ! Elle en était en effet chargée au SPV de la DR Alpes à Grenoble où elle était également vice-présidente de l'incubateur GR-A-IN (Grenoble-Alpes Incubation). Avant de prendre début 2002, la tête de la DR Aquitaine et Poitou-Charentes...

Que mettez-vous dans le terme "valorisation" ?
Il s'agit d'un concept assez large qui couvre aussi bien un brevet, un savoir-faire, un nouveau logiciel ou... une jeune pousse.

Quel est le rôle d'une Délégation régionale dans la politique de valorisation du CNRS ?
La politique de valorisation est pilotée au niveau national par une direction transversale du CNRS, la Délégation aux Entreprises (DAE). C'est elle qui en fixe les grandes lignes. Les Délégations régionales (DR) mettent cette politique en oeuvre à travers leur Service du Partenariat et de la Valorisation (SPV).

Quelles sont les missions des SPV ?
Ils jouent un rôle clé dans la mise en place de l'aide à la valorisation car ils sont en prise directe, chacun dans leur région, avec les laboratoires et leurs co-tutelles, puisque la plupart des labos du CNRS sont des unités mixtes de recherche, et avec le tissu industriel de leur région, des grands groupes aux jeunes pousses.
Cette connaissance du terrain les rend très efficaces dans leur mission d'aide aux chercheurs et aux laboratoires en ce qui concerne leurs relations contractuelles, la protection de leurs résultats, le conseil et l'aide à la création d'entreprises.

Les SPV sont-ils parties prenantes des incubateurs ?
Bien sûr. Le CNRS est présent dans 8 incubateurs en France. La région Aquitaine et Poitou-Charentes en compte deux : l'un à Bordeaux, l'autre à Poitiers, deux villes qui hébergent chacune une antenne du SPV.

De quels moyens disposent les SPV ?
Au plan humain, le SPV de la DR Aquitaine et Poitou-Charentes compte cinq personnes, dont quatre chargés d'affaires, tous issus de la recherche, au service des chercheurs. Ils les conseillent et les aident en matière de brevets et de propriété intellectuelle, et en ce qui concerne la recherche et l'obtention d'aides de l'Anvar et des Conseils régionaux.
Dans le cas d'un projet de valorisation labellisé par l'Anvar, par exemple, une convention est signée par la DR, et c'est celle-ci qui gère les fonds octroyés par l'Anvar.

Et sur le plan financier ?
Les DR ne disposent pas à proprement parler d'un budget directement affecté à la valorisation. Le financement des projets est assuré au coup par coup par la DAE nationale, qu'il s'agisse d'aider un laboratoire à acquérir un nouvel équipement ou à financer le prototype de démonstration d'un nouveau produit, d'un nouveau procédé ou d'une nouvelle technologie, de renforcer une équipe en moyens humains (CDD), et tout particulièrement en matière d'aide à la protection de la propriété intellectuelle et industrielle.

Valorisation ne rime pas forcément avec start-up...
La création d'une entreprise se justifie lorsque l'industrialisation d'une technologie, tâche qui n'est plus du ressort d'un laboratoire de recherche, nécessite un partenaire industriel, et qu'aucun n'existe. Il faut alors créer ce partenaire de toutes pièces.

Dans ce cas, quelle est l'étape préliminaire la plus importante ?
C'est, je crois, l'étude de faisabilité technologique, qui se traduit le plus souvent par la réalisation d'un prototype. Et le CNRS se concentre sur cette étape qui constituait jusqu'ici une des grandes faiblesse de la valorisation et de l'essaimage. Les incubateurs mettent d'ailleurs fortement l'accent sur cette phase critique de faisabilité sans laquelle la viabilité le l'entreprise créée ne saurait être assurée. Une nouvelle technologie doit correspondre à un marché et doit pouvoir être industrialisée à un coût abordable.

En cas de création, il y a également une étape "déontologique"...
En effet, quelques mois avant le dépôts des statut de l'entreprise, les créateurs passent devant le Comité de Déontologie.

Combien d'entreprises ont été ou sont susceptibles d'être créées dans la centaine de laboratoires de votre DR ?
Depuis 1999, année de la loi sur l'innovation, 13 entreprises ont été créées (avec une activité commerciale réelle) et 25 projets de création sont en incubation, à partir des unités propres ou mixtes du CNRS.

Le site de la DR Aquitaine et Poitou-Charentes

Le SPV de la DR Aquitaine et Poitou-Charentes

Propos recueillis par Bruno de La Perrière
© CNRS juin 2002

 

Interview

Dominique Dalmas, directrice des Affaires juridiques du CNRS

La valorisation de l'innovation, c'est-à-dire son transfert vers les entreprises et le marché, est inscrite depuis l'origine dans les missions statutaires du CNRS. Depuis quelques années, l'Etat a fait de cette mission une priorité, car elle conditionne la compétitivité de nos entreprises, la création d'emplois, la richesse de notre économie. Cette relance de la politique de valorisation passe notamment par une stratégie affirmée de co-propriété des résultats de recherche et des brevets qui en sont issus. Fin juin, le CNRS a fêté en grandes pompes la centième entreprise créée par des chercheurs depuis la Loi sur l'Innovation de 1999. 100 "spin off" qui ont engendré 500 emplois "de haut niveau". A travers les missions de la Direction des Affaires juridiques, Dominique Dalmas explique comment est mise en oeuvre la politique de valorisation du CNRS.

De quels grands "outils" le CNRS dispose-t-il pour favoriser la valorisation ?
Le principal est le contrat de recherche signé entre un partenaire industriel et une unité de recherche du CNRS. L'industriel et un laboratoire du CNRS définissent ensemble un programme de recherches et apportent chacun les moyens nécessaires pour le réaliser. Dans ce cas, il est prévu un partage des résultats de cette recherche entre les deux parties. Si un brevet est déposé, les deux parties en sont co-propriétaires. En outre, ce type de contrat comporte des clauses particulières sur l'exploitation des résultats de la recherche, notamment hors domaine, c'est-à-dire dans le cas où l'on découvrirait après coup à ceux-ci de nouvelles applications non prévues à l'origine. 3.300 contrats de recherche sont aujourd'hui en vigueur.
Pour les grands groupes industriels qui travaillent beaucoup avec le CNRS, sont conclus des accords-cadres qui définissent les grands principes du partenariat, notamment en matière de propriété intellectuelle. Ces grandes lignes sont ensuite déclinées contrat par contrat. 36 de ces accords-cadres sont actuellement en vigueur, dont 6 ont été signés en 2001.
Ces accords-cadres et ces contrats sont pilotés par la Délégation aux Entreprises (DAE), la DAJ intervenant pour apporter son expertise. Il s'agit pour la DAE de veiller à ce que les grands principes de la politique de valorisation du CNRS sont bien respectés tout en intensifiant le partenariat avec le monde industriel. Quant aux négociations, elles sont menées par les Délégations régionales, à travers leurs services Partenariat & Valorisation (SPV). Ceux-ci ont toujours la possibilité de consulter la DAE et la DAJ, notamment en cas de contrat dérogatoire.

N'existe-t-il pas une voie intermédiaire, l'unité mixte CNRS-industrie ?
Tout à fait. Il s'agit d'un type de relation qui va plus loin qu'un "simple" contrat de recherche, et qui est signé pour quatre ans. Dans ce cas, une unité de recherche mixte est créée conjointement par le CNRS et l'industriel concerné, dont les équipes sont composées de chercheurs des deux parties. Là encore, les conventions qui régissent ces unités sont guidées par le principe de co-propriété des brevets issus des recherches menées. Vingt-quatre unités mixtes de ce type existent aujourd'hui.

Quid de la Loi sur l'Innovation de 1999 ?
Il s'agit d'un instrument supplémentaire destiné à renforcer le transfert de l'innovation, et notamment à encourager la création d'entreprises innovantes par des chercheurs dont le statut a été considérablement assoupli.
Dans le cas d'une création d'entreprise par un chercheur, qui est propriétaire de l'innovation ou du brevet à partir duquel va être créée l'entreprise ?
Au CNRS, qui en octroie la licence à la jeune pousse créée. Dans certains cas bien particuliers, pour répondre par exemple aux exigences des capitaux-risqueurs, le CNRS peut être amené à céder le brevet en question, le plus souvent en échange d'une prise de participation dans le capital de la jeune société.

Quels autres outils existent encore pour favoriser l'innovation ?
Eh bien, il ne faut pas oublier les incubateurs prévus par la Loi sur l'Innovation, qui permettent aux jeunes pousses de préparer leur envol en leur fournissant toute une panoplie de services d'appui : hébergement, aide à la définition d'un "business plan" et d'une stratégie marketing... Le CNRS est partenaire dans plusieurs de ces incubateurs "publics".
Enfin, les fonds d'amorçage, où le CNRS est aussi présent via sa filiale spécialisée FIST (France Innovation Scientifique et Transfert), aux côtés d'autres partenaires, permettent à ces jeunes entreprises de démarrer avec un capital suffisant pour mener à bien leurs premiers projets.

Comment travaille la DAJ ?
Elle intervient d'abord, en particulier aux côtés de la DAE, pour apporter les outils et l'expertise juridiques appropriés et participer aux négociations qui vont conduire aux accords-cadres. Elle a également pour mission d'aider, d'assister, de former et d'informer les SPV au plan juridique. Elle suit aussi toute l'évolution juridique nationale et internationale. Elle pilote les contentieux en matière de propriété intellectuelle et industrielle, heureusement peu nombreux. Enfin, naturellement, elle mène une réflexion permanente et nécessaire en matière juridique, tant les choses évoluent vite aujourd'hui. Par exemple, dans les nouvelles technologies de l'information, sur la protection des bases de données, les logiciels libres et les contrats de licence adéquats à élaborer, sur la création d'un brevet communautaire.

Le site de la DAJ du CNRS

Les missions de la DAJ

Propos recueillis par Bruno de La Perrière
© CNRS juin 2002

 

Formation

Valoriser la valorisation

Les délégations Languedoc-Roussillon et Côte d'Azur ont lancé une initiative novatrice qui essaime déjà à travers la France : une formation "Stratégie de partenariat et de valorisation", destinée aux chercheurs et ingénieurs.
Cette formation de deux jours vise avant tout à faire évoluer les mentalités et la culture. A l'issue de ces deux journées, ils ont acquis les repères nécessaires pour mener à bien une collaboration, savent à qui s'adresser, au sein du CNRS, pour les y aider, et en quoi cette démarche peut leur être utile, personnellement.

L'essaimage dans les différentes délégations du CNRS est coordonné par la Délégation aux Entreprises.

Les prochaines formations :
- 11-12 septembre 2002 : Nord-Pas-de-Calais & Picardie, Normandie
- 26-27 septembre 2002 : Midi-Pyrénées, Aquitaine & Poitou-Charentes
- 25-26 novembre 2002 : Provence, Côte d'Azur
- 28-29 novembre 2002 : Ile-de-France Sud, et Ouest & Nord
- Janvier 2003 : Paris A, Ile-de-France Est

Contact :
Céline Bonamy
Délégation Aux Entreprises
Tél. : 01 44 96 43 99

© CNRS juin 2002

 

Une thèse. Et après ?

En France, environ 10.000 thèses sont soutenues chaque année. Entre 3.000 et 4.000 nouveaux docteurs intégreront un organisme de recherche publique ou l'université. Et les 6 à 7.000 autres ? Les docteurs formés pour et par la recherche sont peu sensibilisés aux autres débouchés. Pour initier un changement, des stages de préparation à l'après-thèse, les Doctoriales, coordonnés par l'Association Bernard Grégory (http://www.abg.asso.fr), ont été créés dès 1995.
Chaque année, une vingtaine de Doctoriales, impliquant 200 entreprises, forment 1.500 doctorants. Financées jusqu'à 50% par le ministère de la Recherche, les Doctoriales suivent un cahier des charges précis. Décliné localement, il prévoit une semaine de séminaire résidentiel qui réunit entre 50 et 100 doctorants, toutes disciplines confondues. Donnant priorité au travail de groupe, il définit des thématiques abordées avec des intervenants professionnels : formation à la communication, sensibilisation aux aspects méconnus de l'entreprise, rencontre avec des dirigeants et docteurs d'entreprise, conduite d'un projet de création d'entreprise innovante et enfin, réalisation d'un bilan de compétences et définition d'un projet professionnel.

Les prochaines Doctoriales :
* Région Centre : 17-21 septembre 2002
* Lille; : 22-27 septembre 2002
* Paris 3 : 23-27 septembre 2002
* Grand Sud : 6-11 octobre 2002
* Lorraine : 11-18 octobre 2002
* Doctoriales de l'Ademe : 17-23 novembre 2002
* Bretagne : 24-29 novembre 2002

Tout sur les Doctoriales

© CNRS juin 2002

 

 

Le projet Budget Finances Comptabilité (BFC)

Le nouveau système d'information de gestion unique doit ouvrir en temps réel, à partir de 2005-2006, à près de 4.000 utilisateurs du CNRS. Ce nouvel outil, beaucoup plus réactif et efficace, devrait les motiver...

Aujourd'hui, le CNRS utilise deux systèmes de gestion séparés. Xlab, le logiciel de gestion budgétaire et financière des unités du CNRS, permet à une unité de recherche de gérer ses crédits, quelle que soit leur origine (CNRS, université, industrie) et ses dépenses (fonctionnement, équipement, missions, vacations) selon le degré de finesse souhaité.
Les délégations et les directions centrales, elles, utilisent le système GCF (Gestion comptable et financière).
Une interface entre Xlab et GCF permet aux laboratoires d'échanger leurs informations (commandes, factures, missions) avec leur délégation. S'ils sont séparés, ces deux systèmes communiquent donc ensemble, mais pas en temps réel, le transfert étant effectué en moyenne une fois par jour.

Le système GCF a bientôt près de vingt ans ; Xlab en a presque dix.

Il était temps que le CNRS se dote d'un système flambant neuf, d'autant plus que l'organisme public de recherche est tenu de respecter le nouveau cadre budgétaire mis en place par l'Etat qui s'est engagé dans un vaste plan de modernisation de sa gestion.

"Nos systèmes n'étaient plus adaptés, reconnaît Michèle Saumon, directrice des Finances du CNRS. Le projet BFC doit donc donner naissance à un système unique commun aux unités de recherche, aux délégations et aux directions centrales, qui répondra au nouveau contexte réglementaire - comme le nouveau Code des Marchés publics, par exemple -, et qui fournira à la direction du CNRS et à ses tutelles une information beaucoup plus fiable en matière de contrôle de gestion."

C'est pour répondre à ces objectifs que le futur système BFC sera bâti à partir d'un PGI (progiciel de gestion intégré) du marché, solution désormais couramment utilisée dans les grandes structures privées ou publiques.

"BFC permettra de mieux répondre aux spécificités des unités de recherche, dont les crédits proviennent d'origines différentes - CNRS + université, Europe et/ou industrie, par exemple -, et qui s'apparentent par certains côtés à des PME autonomes, mais aussi aux impératifs de contrôle de gestion des délégations et des directions transversales. Pour les unes comme pour les autres, l'interface d'accès au système, de mode Web, doit être la plus simple et la plus ergonomique possible. Enfin, le BFC doit permettre de dématérialiser les transactions, notamment grâce à un système de signature électronique sécurisée", détaille Joseph Gabay, directeur du projet BFC.

Ce grand système, dont les ramifications irrigueront chaque unité, couvrira donc un vaste périmètre. Quatre grands domaines en l'occurrence :
- le domaine budgétaire : élaboration du budget du CNRS, répartition par départements scientifiques, délégations et unités de recherche, mise en place des crédits, suivi de l'exécution budgétaire,
- le domaine financier : l'ensemble des processus de dépenses (engagement, liquidation et mandatement), ainsi que les processus de recettes, et la gestion financière des contrats, des marchés et des fournisseurs,
- le domaine comptable : processus comptables, de la prise en charge des dépenses et recettes jusqu'à la tenue de la comptabilité et la production des états réglementaires,
- et enfin, le domaine transversal du pilotage et du contrôle de gestion : suivi des moyens alloués aux unités, et analyse, pour des objectifs ciblés, des écarts entre prévision et réalisation, notamment.

"A cet égard, le projet BFC s'inscrit dans le cadre de l'organisation spécifique du CNRS, précise Joseph Gabay : gestion déconcentrée, systèmes de pilotage scientifique et administratif corrélés, pilotage transversal de la recherche organisée en programmes, réseaux et projets. Il s'agit donc de maintenir la double logique Etablissement/Laboratoire, et de permettre le partage des données entre les acteurs en temps réel, tout en répondant facilement à toute évolution de répartition des responsabilités des différents acteurs."

Pas étonnant donc que la réflexion amont en vue de l'établissement du cahier des charges de ce projet complexe ait démarré il y a deux ans et demi. L'appel d'offres a ensuite été lancé, et les premières auditions des candidats ont démarré en juin 2002. Le développement du BFC devrait commencer début 2003 pour une mise en service en 2005-2006. Le CNRS sera alors doté d'un outil puissant, moderne, et très efficace.

"Le déploiement d'un PGI de cette ampleur induira nécessairement un changement des modes d'organisation et de travail des fonctions budgétaires, financières et comptables au CNRS, précise Michèle Saumon. L'impact humain sera important. C'est pourquoi, le projet s'accompagne d'un important volet communication et formation. Les utilisateurs seront formés, puis pourront entretenir et perfectionner leur formation par e-learning, et leur accompagnement sera organisé à l'échelle régionale. En contrepartie, les gestionnaires du CNRS seront davantage responsabilisés, ce qui ne peut que les motiver."

A propos de Xlab

A propos du projet BFC

Un calendrier en sept étapes

Bruno de La Perrière © CNRS juin 2002

 

 

Le REx... roi

Après le commerce, l'économie et la monnaie, la recherche aussi veut devenir européenne. C'est dans cette perspective que sont lancés les "Réseaux d'excellence", un des quatre instruments de mise en oeuvre du sixième Programme-cadre de Recherche et de Développement technologique (PCRD), résolument axé sur la construction d'un espace européen de la recherche (EER).

Les "Réseaux d'excellence" (REx) ont pour ambition de réunir, autour de thèmes de recherche définis comme prioritaires, ce que la recherche européenne compte de meilleur. Objectif : que l'Europe reprenne une place de leader mondial en matière de recherche technologique.

Sept domaines thématiques prioritaires ont été identifiés : génomique et biotechnologie pour la santé ; technologies pour la société de l'information ; nanotechnologies et nanosciences, matériaux multifonctionnels bases sur la connaissance et nouveaux procédés et dispositifs de production ; aéronautique et espace ; qualité et sûreté alimentaires ; développement durable, changement planétaire et écosystèmes ; et enfin, citoyens et gouvernance dans la société européenne de la connaissance.

Il s'agit d'anticiper les besoins scientifiques et technologiques de l'Union européenne, et de renforcer les bases de l'EER en coordonnant les activités de recherche à travers le développement cohérent des politiques de recherche en Europe. La structuration de l'EER nécessite une meilleure interaction entre recherche et innovation, le développement des ressources humaines et le renforcement de la mobilité des chercheurs, le soutien à des infrastructures de recherche, et le développement de relations harmonieuses entre la science et la société.

Les REx ont donc pour mission première de structurer les acteurs de la recherche européenne en intégrant leurs capacités en terme de moyens, d'activités et de ressources. Ils doivent favoriser la coopération des centres d'excellence (universités, organismes de recherche, entreprises...) Sujets à des obligations de moyens, mais non de résultats prédéfinis, ils doivent de rassembler les compétences sur une problématique commune, dans une perspective de long terme.
Il ne s'agit pas de réseaux de chercheurs, mais de réseaux multidisciplinaires de laboratoires et d'équipes, financés par l'UE, qui doivent notamment développer des plates-formes et des équipements communs de recherche, échanger ou redéployer leurs personnels ou leurs équipements, pratiquer une gestion intégrée de la connaissance, notamment des droits de propriété intellectuelle, favoriser la diffusion de l'excellence, notamment par la formation des chercheurs et le transfert des connaissances.

Parmi les critères d'évaluation des REx, figurent l'excellence et l'ambition des différents réseaux (priorité thématique, valeur ajoutée d'un REx pour l'Europe), celles de leurs membres (masse critique pour réaliser les ambitions du réseau, approche multidisciplinaire), l'étendue, la profondeur et le caractère de longue durée de l'intégration (nature de la coopération pan-européenne, et bénéfices accrus de cette coopération), la contribution à la diffusion de l'excellence, ainsi que la gestion et la gouvernance du réseau.

Différents des réseaux thématiques de type 5e PCRDT, les REx sont constitués pour une durée qui pourrait être de cinq ans, et leurs activités comportent, en plus de la recherche, la coordination, la diffusion de l'excellence, la formation. Ils doivent être multidisciplinaires et rassembler un nombre critique de chercheurs (200 équivalents plein-temps en moyenne sont envisagés).

Les REx sont également différents des "Programmes intégrés" (PI) du 6e PCRDT, même s'ils sont complémentaires. En dehors des modalités de financement, la différence essentielle réside dans les objectifs. Alors que les PI sont destinés à développer de nouvelles recherches et à obtenir des résultats prédéfinis dans un délai de 3 à 5 ans, les REx ont pour principale mission de structurer la recherche européenne en intégrant des équipes de recherche sur une longue durée (5 à 7 ans, et plus) afin de lutter contre la fragmentation de la recherche européenne pour devenir leader au niveau mondial sur les grands domaines de recherche retenus par le 6e PCRDT.

Chaque REx est un point d'accès uniques pour un domaine de recherche, au niveau de l'expertise, des connaissances, de l'innovation, de l'information, et des outils d'intégration progressive et durable des capacités de recherche.

Au plan juridique, un REx doit être composé d'au moins trois entités juridiques indépendantes établies dans trois Etats membres ou associés de l'UE, dont au moins deux Etats membres ou candidats à l'UE. Il doit faire l'objet d'un accord de consortium. Le CNRS réfléchit à plusieurs statuts possibles; : simple contrat doublé d'un accord de consortium ; association ; société civile ; société européenne ; GIE (groupement d'intérêt économique) ou GEIE (groupement européen d'intérêt économique).

Le CNRS se prépare très activement à la construction de ces réseaux par le biais de sa Direction des Relations internationales en étroite collaboration avec le Clora et le ministère délégué à la Recherche. Le CNRS a bien l'intention de figurer dans bon nombre de ces réseaux et d'en coordonner certains.

Le dossier consacré au 6e PCRDT :
- sur le site de la DAJ du CNRS
- sur le site de la DRI du CNRS
- sur le site du ministère de la Recherche

Sur les sites de l'UE :
- Cordis (en anglais)
- Europa (en français)

Deux présentations des grandes lignes du 6e PCRDT et des REx :
http://www.dr20.cnrs.fr/v3/delegation/services/partenariat/Sophia_Les_instruments%20Paul%20Jamet.ppt
http://www.dr20.cnrs.fr/v3/delegation/services/partenariat/Slides-Dietl-29mars02.ppt

Bruno de La Perrière © CNRS juin 2002

 

 

Tutelle

Claudie Haigneré, nouvelle ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles Technologies, rend visite au CNRS

Pour sa première sortie officielle, le 19 juin 2002, deux jours après sa nomination, Claudie Haigneré, nouvelle ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles Technologies, auprès du ministre de la Jeunesse, de l'Education nationale et de la Recherche, s'est rendue au siège du CNRS, à Paris.
Après avoir rencontré Gérard Mégie, président du CNRS, et Geneviève Berger, directrice générale, la ministre s'est entretenue avec les présidents de section du Comité national de la recherche scientifique ainsi qu'avec leur président, Jean Pailhous.
Médecin et docteur ès-sciences, Claudie Haigneré a exercé pendant six ans des activités de recherche au CNRS. De 1985 à 1991, elle a en effet travaillé au laboratoire de physiologie neurosensorielle du CNRS, devenu le laboratoire de physiologie de la perception et de l'action (CNRS/Collège de France). Elle y a notamment préparé des expériences scientifiques dans le domaine de la physiologie humaine et effectué des recherches sur l'adaptation des systèmes sensori-moteurs en microgravité.

Le CV de Claudie Haigneré sur le site du ministère de la Recherche

 

Emploi et Mobilité

Emploi précaire

Le Décret 2002-464 du 4 avril 2002 permet aux Etablissements publics scientifiques et technologiques des catégories A, B et C, d'organiser des concours "réservés à certains agents non titulaires". Ce décret s'inscrit dans le cadre de la loi du 3 janvier 2001 relative à la résorption de l'emploi précaire et à la modernisation du recrutement dans la fonction publique.

Le texte du décret

 


Mobilité interne

Les nouveaux emplois ouverts à la mobilité interne (Noemi) sont affichés jusqu'au 30 juin 2002. Les conditions de candidature pour effectuer une mobilité demeurent inchangées : 3 ans d'ancienneté dans le poste, hors année de stage. La date de prise de fonction est unique et fixée au 1er janvier 2003.
Pour plus de renseignements, vous pouvez contacter votre délégation régionale.

 


Mobilité externe

Lancée en 1997, la mission "Mobilité externe" conseille, accompagne et soutient les demandes des cadres du CNRS souhaitant une mobilité externe par voie de détachement vers les autres établissements publics et autres administrations, collectivités territoriales (villes, départements, régions), organisations internationales et entreprises privées.
Pour en savoir plus, contactez :
- le responsable des RH de votre Délégation régionale,
- Jean Bouleau, chef de projet "Mobilité externe", au 03 88 10 67 11.
Ou consultez le site : http://www.sg.cnrs.fr/mission/mobilite/default.htm

 

Manifestations et colloques

Fête de la Science

La Fête de la Science, qui se déroulera cette année du 14 au 20 octobre 2002, est un moment privilégié de dialogue avec le grand public et les jeunes en particulier, et une occasion pour valoriser les travaux des laboratoires.
Les unités qui souhaitent participer à cette fête peuvent encore envoyer une présentation de leur projet à la cellule communication de leur Délégation régionale avant le 12 juillet 2002.

Sur le site du CNRS

Sur le site du ministère de la Recherche

 


Sexes et genre dans le travail scientifique

La Mission pour la place des femmes au CNRS, l'Institut de recherche sur les sociétés contemporaines (Iresco) et l'Institut d'études scientifiques de Cargèse organisent, du 12 au 15 novembre prochain, des ateliers sur le thème "Sexes et Genre dans le travail scientifique".
Ces ateliers, organisés pour la première fois par le CNRS, s'adressent à tous les jeunes chercheurs et ingénieurs du CNRS, quelle que soit leur discipline. Ils se proposent de faire circuler la parole et les idées entre spécialistes des questions du genre et profanes. Chacun, chacune est incité à se poser de nouvelles questions sur sa démarche et ses pratiques scientifiques.
Ceux et celles qui seront sélectionnés après inscription seront pris en charge par la formation permanente du CNRS.
Ne manquez pas l'occasion de vous informer, de vous former et de débattre autour des questions relatives au genre.
Inscription avant le 5 juillet 2002 sur le site de l'Iresco.

 

 

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