par Jacques Ninet

Le grand retour de l'automobile

      Symbole de l'aventure industrielle du vingtième siècle, l'automobile est-elle appelée à jouer un rôle aussi important au XXI°.


      Elle est sans aucun doute -avec l'immobilier- au cœur de la résistance de l'ancienne économie aux effets dévastateurs du crash de la nouvelle. Mais distinguer objectivement, dans le comportement extrêmement positif du marché automobile, aux Etats-Unis comme en Europe, le conjoncturel du structurel est un exercice des plus délicats.
      Crédits à taux zéro et rabais conséquent d'un côté, effet bas de laine de l'autre, les arguments en faveur d'un phénomène purement saisonnier ne manquent pas. D'autant que -progrès technique et concurrence obligent-, la fiabilité et la durée de vie des véhicules augmentent, ce qui en période d'incertitudes sur l'emploi et les patrimoines, justifierait un rallongement du cycle de renouvellement, intrinsèquement très court. On sait qu'il n'en est rien, preuve d'un marché secondaire lui-même extrêmement solide.

      C'est donc du côté sociologique et affectif qu'il faut chercher les raisons de cette bonne santé. Emblème de l'ère industrielle, certes, mais aussi de l'émancipation de l'individu (les femmes, les jeunes), extériorisation de la réussite sociale, refuge face à l'agressivité du milieu urbain, ces éléments peuvent jouer à plein dans une période de doute. D'autant que l'industrie automobile reste un lieu privilégié de la diffusion à grande échelle du progrès technique (GPS, assistance radar etc…). On peut ajouter, en reprenant une idée exposée par JP Betbèze que la consommation aujourd'hui est divisée en deux agrégats. L'un représente le dépenses récurrentes et quasi incompressibles, concrétisées le plus souvent par des prélèvements automatiques. Le second représente en revanche la partie libre et flexible, directement réactive à la perception de l'environnement et sur laquelle continue de s'exercer la composante impulsive de tout acte d'achat.

      Paradoxalement, l'automobile est aussi , à l'instar de la retraite, un des grands problèmes collectifs non résolus du développement. Aucune mégapole, dans le monde, n'échappe à l'asphyxie, aux sens propre et figuré, et on imagine assez mal comment sera concilié dans la durée, la poursuite de la concentration urbaine et le développement de l'automobile, sous sa forme actuelle.

      On notera pour terminer que si l'industrie automobile a été, dans la deuxième moitié du XX° siècle le moteur de l'industrialisation et une 'vache à lait' fiscale, la tertiarisation de l'économie lui confère aujourd'hui un rôle beaucoup plus modeste au plan global.

      Sainte automobile ! Mais ne lui en demandons pas trop !

N°9 - 04 décembre 2001
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TECHNOS


      La situation se redresserait dans le domaine du software selon SAP, particulièrement en Asie et aux Etats-Unis.

      Le leader européen pense dorénavant pouvoir tenir son objectif d'une progression des ventes de 15% et d'une marge de 20% cette année.

      A vérifier. Pour ce faire, décembre sera un mois important.
      Dans l'attente, graphiquement, la valeur devrait tester sa résistance-clé des 150.90.

(pas de graphe pour la valeur SAP)

 



A propos de BOUYGUES nous avions dit :

Le 09.11.2001

      Chiffre d'affaires en hausse de 9% (6% à périmètre et taux de change constants) et conforme aux attentes pour Bouygues sur les neuf 1ers mois de l'année.

      Alors que le pôle construction (deux tiers des revenus du groupe) progresse de 8%, la bonne surprise vient en revanche des activités Média et Télécom.

      La contribution de TF1 est ainsi en hausse de 6% à fin septembre (contre des prévisions initiales de -3% sur l'année) tandis que Bouygues Télécom réalise une croissance de 45% au 3ème trimestre et de 39% depuis début janvier (les attentes portaient sur un chiffre de 30%).
La question de la licence UMTS reste toujours posée alors que Bouygues Télécom n'a encore jamais affiché le moindre profit net.
      Graphiquement, la valeur conserverait un potentiel de hausse tant que la zone 30.30 n'est pas enfoncée.

Le 17.10.2001

      Merci Monsieur Fabius : le coût de la licence française UMTS passe de 4,95 milliards d'euros (deux 1ers quarts étaient payables en 2001 et 2002 puis le reste était étalé sur les 13 années suivantes) à 619 millions (ticket d'entrée) avec un montant prélevé sur le chiffre d'affaires (a priori de 1 à 2%), le tout portant sur une durée rallongée à vingt ans (le délai de détention était de 15 ans dans l'ancienne formule).

      Premiers bénéficiaires : Vivendi (SFR) et l'ensemble Orange-France Télécom ; aucune recette découlant de l'UMTS n'étant maintenant attendue avant 2005 !
Impact immédiat : un allègement des frais financiers dans les comptes des opérateurs de l'ordre de 60 millions d'euros pour 2002 (les versements à effectuer sur 2001 et 2002 étant réduits de 1.8 milliards d'euros) et, de ce fait, un effet relutif sur les titres en question (de l'ordre de 5% sur le bénéfice par action 2001 et de 10% sur celui de 2002 pour Orange).

      Deuxièmes bénéficiaires : tout nouvel acquéreur potentiel comme Bouygues Télécom qui a maintenant les moyens de rentrer dans la danse.
Reste qu'il est aujourd'hui difficile d'évaluer l'accueil que le public réservera à toute forme de nouveau service (et à quel prix) ; la facture annuelle télécom des ménages (fixe, mobile, Internet) s'étant déjà particulièrement alourdie ces dernières années tandis que le taux de pénétration du marché français européens (55% sur une population de 59 millions) continue à faire preuve d'une certaine faiblesse comparativement aux autres pays européens (68%).

      Enfin, le coût particulièrement élevé des infrastructures nécessaires à la mise en place de l'UMTS constitue toujours un obstacle substantiel à tout objectif de rentabilité ; à moins que l'ART ne se décide à autoriser leur partage et mutualisation entre opérateurs.
      Dans l'attente, d'un point de vue graphique, seul Orange (qui pourrait déjà être reparti de l'avant) bénéficierait d'une structure positive. Vivendi, France Télécom et Bouygues présenteraient encore des risques vers le bas ? A surveiller par conséquent.

Le 19.09.2001

      Chiffre d'affaires en hausse de 10% (9,6 Milliards d'euros), progression de 36% de sa branche de téléphonie mobile et de 18% dans la construction avec Colas ; c'est ce que reporte Bouygues pour le 1er semestre.

      Paradoxalement, ce sont surtout les activités traditionnelles (construction, para-pétrolier..) qui devraient permettre à Bouygues de réaliser ses objectifs en 2001, la rentabilité du groupe risquant de souffrir du ralentissement des médias (TF1) et d'une moindre croissance de son activité télécom au 2ème semestre.

      A noter cependant la décision de mettre en place un réseau de 2ème génération (GPRS) avec commercialisation prévue en septembre 2002 tandis que Bouygues entame des discussions avec NTT DoCoMo à propos du système I-Mode si populaire au Japon.
Une stratégie opportune pour le seul opérateur français qui a refusé de s'endetter afin d'acheter une licence UMTS quand la réalisation et le succès de cette téléphonie de 3ème génération restent encore à démontrer.
      Nonobstant un rebond attendu à tout moment, le graphe de la valeur conserverait encore une configuration baissière. A surveiller toutefois.



A propos de HAVAS ADVERTISING nous avions dit :

Le 14.11.2001

      Croissance organique en baisse de 2% au 3ème trimestre (+ 2.9% toutefois depuis le début de l'année) pour Havas.

      Alors que l'activité du groupe est touchée dans l'ensemble des pays (à l'exclusion de l'Amérique Latine), ce sont toujours la restructuration et la stratégie d'Havas qui posent problème (acquisition de Snyder aux USA pour un montant de 2.1 milliards $ dont le résultat s'avère aujourd'hui décevant, échec du rachat de Tempus face à WPP).

      Que le groupe table sur une progression de son chiffre d'affaires de 2 à 4% en 2002 alors que le secteur pourrait connaître un déclin de 2%, cela semble optimiste.

      En revanche, qu'il soit incapable de s'affirmer dans le domaine de l'achat d'espaces en rachetant Aegis pourrait faire de la 5ème agence de publicité mondiale une proie facile pour tout prédateur.
      Si l'on exclut la prime qu'une telle spéculation pourrait engendrer, le graphe de la valeur reste mal orienté.

Le 03.10.2001

      Résultats d'Havas décevants pour le premier semestre 2001 : la marge opérationnelle s'inscrit dans le bas de la fourchette des estimations, à 12% (à comparer avec un objectif initial de 16%). Le groupe révise maintenant ses attentes à 10-12% (en terme de marge) pour l'ensemble de l'année et ne donne aucune indication sur les exercices suivants.

      Au vu de la dégradation de la conjoncture outre-atlantique, où le groupe réalise près de 50% de son chiffre d'affaires, l'ensemble des restructurations engagées (économies de 44 et 88 millions d'euros attendues respectivement en 2001 et 2002) devraient être insuffisantes pour redresser les comptes sur le 2ème semestre.

      A l'heure où Publicis et Cordiant finalisent leur fusion dans l'achat d'espaces, son absence de stratégie convaincante dans ce domaine (après l'échec du rachat de Tempus) et le recentrage envisagé sur les métiers de la communication traditionnelle constituent un changement de cap sévère.
      Cumulé à un marché de la publicité toujours morose, cela laisse peu d'espoir à Havas qui conserve une structure graphique négative.

Le 24.09.2001

      Décision tout à fait sensée, Havas ne surenchérira pas sur l'offre de Tempus faite par WPP.
Car avec la dégradation du marché publicitaire (en recul de 2,6% à l'échelle mondiale et de 6% aux Etats-Unis), on peut à juste titre se demander quels sont les fondements du prix auquel ressort la centrale d'achat d'espaces britannique.

      On peut en revanche s'interroger sur la stratégie et les capacités d'Havas à se développer dorénavant dans ce domaine (pour l'instant épargné par la récession actuelle) tandis que son concurrent Publicis réalise la fusion de ZenithMedia et Optimedia.

      Nonobstant une consolidation de quelques jours, le graphe de la valeur reste baissier.


A propos de JDS UNIPHASE nous avions dit :

Le 26.10.2001

      Chiffre d'affaires en recul de 45% sur le trimestre précédent, perte nette (hors goodwill et moins-values) de 260 millions $ et marge brute en forte baisse (à 25% contre 42.6%) pour JDS Uniphase.

      Alors que le trimestre en cours devrait s'avérer peu brillant (ventes attendues en baisse de 10 à 15%), le fabricant de fibres optiques évoque la possibilité d'un retournement du secteur en fin d'année (voire au 1er trimestre 2002).

      Après 17 usines fermées et 16 000 licenciements (sur un effectif de 29 000 à l'origine), JDS devrait bientôt atteindre son objectif d'une réduction de ses charges annuelles de 800 millions$.
      Que le fabricant canadien ne perde plus de part de marché et que les surcapacités soient épurées dans le domaine, c'est possible. Il n'en demeure pas moins que JDS va alors se trouver confronté à la demande finale ; dont il ne peut en revanche maîtriser l'évolution.

      Graphiquement, une dernière vague de baisse manquerait encore ; en tout cas tant que 13.06 n'est pas dépassé.

Le 25.09.2001

      JDS Uniphase (fibres optiques) constaterait une stabilisation du marché de l'équipement des télécoms. Conséquence de ses efforts de restructuration (14 000 salariés aujourd'hui contre 29 000 au début de l'année), le groupe canadien espère également renouer avec la rentabilité en fin d'année (Chiffre d'affaires trimestriel point mort de 350 millions $).

      En attendant, le chiffre d'affaires du trimestre qui se termine est définitivement revu en baisse à 325 millions $ (contre 601 au trimestre précédent).

      La valeur en profite néanmoins pour rebondir ; ce qui correspond à notre schéma graphique.

Le 20.09.2001

      Conséquence de l'effondrement de la capitalisation boursière (!), JDS Uniphase va passer 5,3 milliards $ de plus en amortissement pour ''goodwill''. A ajouter au montant record de 44,8 milliards de juin dernier !
      En dépit de ses efforts de restructuration (16 000 licenciements), le fabricant de fibres optiques refuse de se prononcer sur le trimestre en cours : seule est évoquée une baisse des ventes en dessous des prévisions qui tablaient sur un chiffre d'affaires de 450 millions $.
      Le graphe de l'action reste incliné vers le bas.


A propos de VALEO nous avions dit :

Le 19.10.2001

      Baisse respectivement de 8% du résultat opérationnel ( à 98 millions d'euros) et de 91% du résultat net (11 millions d'euros) pour Valeo malgré une augmentation de 16% de ses ventes (2.335 milliards d'euros) au 3ème trimestre (comparativement à l'année précédente).

      Face à un marché encore plus déprimé depuis les événements du 11 septembre, Valeo annonce de nouvelles mesures d'économie représentant entre 100 et 200 millions d'euros à étaler sur plusieurs années. Principalement touchées, les filiales américaines (25% du CA) afin d'éradiquer les pertes chroniques auxquelles s'ajouteront des provisions pour survaleur d'un montant de 250 à 300 millions d'euros.

      Malgré une amélioration de sa marge brute, qui passe de 16.7% à 17% d'un trimestre sur l'autre, les perspectives de l'équipementier automobile restent moroses au regard des pressions que les constructeurs automobiles, à l'instar de Daimler-Chrysler, devraient continuer à exercer.
      Le graphe de la valeur reste d'ailleurs orienté vers le bas.









Rappel concernant la légende : cet indice de clarté souligne la conviction attachée à la prévision, forte, moyenne, ou faible (figurée par la physionomie de " l'oeil " placé dans le coin supérieur gauche du graphique).

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