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Sommets de l'histoire, par
Sylvain
Jouty
Hegel voyait le sommet et même la fin
de l'histoire dans l'entrée de Napoléon à Iéna en 1806.
L'auteur de la Phénoménologie de l'esprit écrivait
en un temps où tout, les gens, les choses, les nouvelles
et les lettres, se déplaçait en gros à la même allure,
celle que permettait la marche, le trot d'un cheval
ou le courant d'un fleuve.
La lettre était donc en accord avec la vitesse globale
des choses et, généralement, on apprenait les événements
quelques jours, sinon quelques semaines après qu'ils
avaient eu lieu. C'est aussi pour cela, peut-être, que
l'entrée de Napoléon dans Iéna frappa autant Hegel :
il y assistait, lui, le philosophe, en témoin privilégié,
alors que de nos jours tout le monde possède ce curieux
privilège d'assister en direct aux moments où l'histoire
bascule, sans plus guère avoir besoin d'en témoigner
par courrier. Pas même les auteurs d'attentats puisque,
comme le remarque Martina Wachendorff, ceux-ci ne sont
même plus revendiqués.
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Martina Wachendorff : "J'écris pour agrandir ma famille"
Martina Wachendorff a publié en août chez Gallimard
Le baiser électrique, un roman épistolaire uniquement
constitué d'e-mails. Ce n'est certes pas le premier du genre
(cf. Correspond@nces n° 16), mais c'est à coup sûr l'un
des plus intéressants car il exploite, de manière remarquable,
toutes les possibilités du courrier électronique, ses tics,
et même ses inconvénients : comme, par exemple, la possibilité
d'intercepter le courrier des autres… C'est aussi un livre
complexe, polyphonique, où plusieurs échanges épistolaires se
poursuivent entre les onze protagonistes, interférant (ou pas)
les uns avec les autres. À travers histoires d'amour, jeux d'adolescents
ou préoccupations professionnelles, un thème central se dégage.
À la suite d'une catastrophe, le dirigeant d'une centrale nucléaire
doit se faire discret et part en croisière avec sa famille,
accompagné d'un précepteur pour les enfants. Celui-ci est en
fait un militant antinucléaire qui réussit à intercepter le
courrier envoyé ou reçu par les passagers… Il est chargé
d'une mission dont on comprend, peu à peu, l'importance, en
même temps que lui-même, n'ayant plus affaire à des symboles
mais à des êtres humains, commence à douter…
Martina Wachendorff, installée en France depuis vingt ans,
dirige aux éditions Actes Sud les collections "Lettres allemandes"
et "Cactus" ; elle a également créé en 1995 les éditions Titanic
qui, sans sombrer, ont depuis cessé leur activité. Le baiser
électrique est son premier roman.
Correspond@nces. Martina, on vous connaissait plutôt comme
éditrice…
Martina Wachendorff. En fait j'ai toujours écrit. D'abord
en allemand, des nouvelles, des poèmes, des histoires pour enfants,
des projets de roman… Depuis mon arrivée en France, j'ai
écrit des nouvelles et des poèmes, mais jusqu'à présent je n'avais
jamais terminé un roman en français. Je crois qu'il m'a fallu
attendre de posséder une maîtrise suffisante de la langue.
C. Est-ce que vous avez l'impression d'écrire dans une langue
étrangère ? M.
W. Non, plus maintenant, mais je suis sans arrêt confronté
à mes fautes, à mes difficultés… Je ne me pose plus jamais
la question, mais écrire en français est plutôt un avantage,
parce qu'il y a un peu de distance : mon problème dans l'écriture,
c'est le manque de distance ! La langue interposée fait que
je dois plus réfléchir.
C. Le baiser électrique se compose uniquement d'e-mails.
Est-ce une idée qui est née au cours de la composition ?
M. W. Non, elle est venue tout de suite, dès le
début de l'écriture. J'avais déjà le thème du livre, mais c'est
lorsque j'ai découvert le courrier électronique que j'ai compris
que l'intrigue était plus crédible avec l'e-mail, puisque Schengen
pouvait trouver le moyen de lire le courrier des autres. J'ai
commencé à utiliser le courrier électronique en juillet 98,
et j'ai commencé le roman six mois plus tard. Il y a eu une
double influence entre l'écriture du roman et la pratique du
courrier électronique dont je découvrais les possibilités et
aussi les inconvénients : par exemple le fait qu'on peut se
tromper d'adresse, faire des confidences qui peuvent être lues
par d'autres, etc.
C. Il y a aussi plusieurs passages où le roman se distingue
encore plus clairement d'un roman épistolaire classique, par
des échanges rapides qui s'apparentent à un dialogue…
M.
W. Oui, c'est en effet quelque chose que permet le courrier
électronique dès lors qu'on possède une connexion permanente
: la réponse quasi-immédiate. J'ai essayé de faire en sorte
que chaque personnage ait sa propre façon de vivre avec le courrier
électronique. C'est une réalité : selon les générations, les
gens n'ont pas la même approche, voire le même type d'écriture.
Les 40-50 ans ont plus tendance à l'utiliser comme le courrier
classique, les jeunes sont plus adaptés à la vitesse et s'éloignent
plus aisément des codes épistolaires habituels. Cela dit, il
ne me semble pas qu'il existe une différence fondamentale entre
la lettre et le courrier électronique. Je l'ai dit à Manosque
: une vraie lettre, c'est quand on réfléchit à ce qu'on dit
et qu'on s'adresse véritablement à son interlocuteur, avec le
soin et le respect que l'amitié ou l'amour exige. C'est possible
de multiples façons, et aussi bien par e-mail, ce n'est pas
une question de support.
C. Revenons-en au roman. Il y a assez peu d'échanges entre
Schengen, le personnage principal, et Romain Isoard qu'il est
venu espionner… M.
W. Oui, la confrontation passe toujours par l'extérieur,
mais c'est assez logique puisque Schengen dissimule ce qu'il
est vraiment. Et indirectement l'existence, la façon d'être
de ce type qui est son ennemi mais dont il découvre qu'il est
aussi un être humain, l'intrigue et le fait réfléchir. Mais
il lui parle rarement, il se méfie, il a peur de lui, il est
un peu jaloux.
C. Vous en parlez comme si vos personnages avaient une existence
en dehors de votre texte…
M.
W. Ce sont des voix qui se sont exprimées, par moi sans
doute, mais ce sont désormais de vraies vies, elles ont leur
existence autonome, elles s'imposent à moi d'une certaine façon.
Je crois que j'écris pour avoir une famille plus large !
C. Même Isoard, le "méchant" de l'histoire, fait partie
de votre famille ?
M.
W. Oui, d'ailleurs on peut très bien avoir un père, un grand-père,
un oncle qui soit quelqu'un de tout à fait sympathique dans
la vie courante bien qu'on sache qu'en certaines circonstances
il s'est conduit comme un salaud. Cela rejoint ce que disait
déjà Hannah Arendt sur la banalité du mal. Au fond c'est un
des grands sujets du livre ; pour pouvoir commettre des attentats,
il ne faut pas connaître ses victimes. Quant au problème de
la violence elle-même, justifiée ou pas, je suis extrêmement
indécise. J'ai essayé à travers ce roman de m'en approcher jusqu'où
je pouvais.
C. On rejoint là des préoccupations bien actuelles…
M.
W. Oui, encore que la réalité soit pire. Pour quelqu'un
qui écrit, la question de violence est terriblement fascinante
: elle signifie que la parole n'a plus de pouvoir et ne vaut
plus rien. Aujourd'hui il n'y a même plus de revendication des
attentats. Mes personnages ne sont pas du tout comme ça, ils
font un procès, c'est encore la préhistoire d'un État terroriste.
C. Compte tenu de ce qui précède, la fin est presque une
happy end. Vous avez hésité ?
M.
W. Dans une première version, Schengen avait fantasmé un
acte terroriste à partir des mails qu'il espionne. Dans la version
publiée, à un moment il commence à mentir, il tombe amoureux,
ce n'était pas du tout prévu. Dans l'écriture d'un roman on
a envie d'avancer, on en apprend énormément non seulement sur
ses créatures, mais aussi sur soi et sur le monde. C'est une
expérience essentielle, qui demeure quel que soit le succès
ou l'insuccès du livre.
Propos recueillis par Sylvain Jouty
Sommaire
La lettre au cinéma : jusqu'à fin
décembre
Le Cinéma des cinéastes inaugure sur ce thème
un cycle qui se poursuivra tous les dimanches jusqu'à fin décembre.
Nous y reviendrons dans le prochain Correspond@nces.
Cinéma
des cinéastes, 7 avenue de Clichy, 75017 Paris, tél. 01 53 42 40
20.
Programme du dimanche 14 et du
dimanche 21 octobre
dimanche 14 octobre
11 h : Lettres d'amour en
Somalie, de Frédéric Mitterrand. Des "impressions
d'Afrique" épistolaires.
14 h 30 : Comme une lettre à la
poste, de Henri Storck ; Lettre à Jean Rouch et Lettre
d'un cinéaste à sa fille, de Éric Pauwels.
18 h : La lettre jamais
écrite, de Dominique Dubost, et Je suis venue te
dire, de Laetitia Masson. Séance suivie
d'un débat en présence des cinéastes.
20 h 30 : Une petite
cantate, de Nicole Zeizig, et Le temps détruit -
lettres d'une guerre 1939-40, de Pierre Beuchot. Séance suivie d'un débat avec les cinéastes et la
psychanalyste Nabile Fares.
11 h : Soccoro Nobre, de
Walter Salles, et Les enfants du Borinage, lettres à Henri
Storck, de Patric Jean. Dieu, poste restante,
Jérusalem, de Frédéric Laffont
dimanche 21 octobre
14 h : Lettres d'Amérique,
de Gianfranco Pannone.
17 h 30 : Le tombeau
d'Alexandre, de Chris Marker. Six lettres écrites au
cinéaste russe Alexandre Medvekine. Séance suivie d'un débat avec le critique François
Niney.
20 h 30 : Lettre, de Alain
Cavalier ; Lettre à Freddy Buache, de Jean-Luc Godard
; Letters home, de Chantal Akerman, d'après la correspondance
de Sylvia Plath. Séance suivie d'un débat avec
Chantal Akerman et les critiques Anne Andreu et Michel
Boujut
Sommaire
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J'ai vu l'Empereur, cette âme du
monde…
Dans la nuit du 12 au 13 octobre 1806 à Iéna, Hegel met
le point final à la Phénoménologie de l'esprit
dans lequel il expose la science du Savoir absolu
et de la domination de l'Esprit qui doit conclure
l'histoire. Le lendemain au petit matin, Napoléon
envahit la ville qu'il a bombardée toute la nuit.
Aussitôt Hegel écrit à son ami Niethammer : "J'ai
vu l'Empereur- cette âme du monde - sortir de la ville
pour aller en reconnaissance ; c'est effectivement
une sensation merveilleuse de voir un pareil individu
qui, concentré ici sur un point, assis sur un cheval,
s'étend sur le monde et le domine.". Pour Hegel,
il ne peut s'agir d'une coïncidence, car si lui-même,
par son œuvre, réalise l'absolu en philosophie,
il en est de même de Napoléon pour ce qui est de l'action.
Et l'entrée de Napoléon dans Iéna est un de ces événements
qui "ne se produisent que tous les cent ou mille
ans"… Ainsi ce jour-là l'Esprit a réalisé
l'absolu, l'histoire est close.
Cela aurait pu ne rester qu'une curiosité de l'histoire
philosophique, qui en compte d'autres. Mais de 1933
à 1939 Alexandre Kojève, philosophe français d'origine
russe, a donné à l'École pratique des hautes études
un cours sur la Phénoménologie qui aura, parmi
ses auditeurs, Georges Bataille, Jacques Lacan, Raymond
Queneau et bien d'autres. Et Kojève voit un lien direct
entre la fameuse journée de 1806 et l'œuvre de
Hegel : "Le Savoir absolu est devenu - objectivement
- possible parce que, dans et par Napoléon, le processus
réel de l'évolution historique… est arrivé à
son terme." Mais Kojève va plus loin en reprenant
à son compte dans une note de 1948 le propos hégélien
qu'il ne juge nullement dépassé : "[Depuis la bataille
d'Iéna] a virtuellement atteint le terme et le but,
c'est-à-dire la fin de l'évolution historique de l'homme…
Ce qui veut dire pratiquement : - la disparition des
guerres et des révolutions sanglantes. Et encore la
disparition de la philosophie."
Si la thèse
est fameuse et a, assez récemment, été relayée par
l'essayiste américain Francis Fukuyama, inutile de
dire que nous en sommes loin...
S.J.
La lettre de
Hegel
Iéna. Le lundi 13
octobre 1806, le jour où Iéna fut occupé par les
Français et où l'Empereur Napoléon entra dans ses
murs.
"Quel souci j'ai
dû avoir à propos des envois du manuscrit
mercredi et vendredi derniers, c'est ce
que vous voyez d'après la date. - Hier soir
vers le coucher du soleil je vis les coups
de feu tirés par les patrouilles françaises,
venant à la fois de Gempenbachtal et de
Winzerla; les Prussiens furent chassés de
cette dernière localité durant la nuit,
la fusillade dura jusqu'après minuit, et
aujourd'hui entre 8 et 9 heures pénétrèrent
dans la ville les tirailleurs français -
et une heure après les troupes régulières.
Cette heure fut une heure d'angoisse, particulièrement
du fait que les gens ignoraient le droit
que chacun possède, d'après la volonté de
l'Empereur lui-même, à l'égard de ces troupes
légères à savoir, ne pas obtempérer à leurs
réquisitions, mais leur donner en toute
tranquillité ce qui leur est nécessaire.
Beaucoup de gens se sont trouvés dans l'embarras
par suite d'un comportement maladroit et
par manque de prudence. Cependant madame
votre belle-soeur, ainsi que la maison Döderlein,
en a été quitte pour la peur et s'en est
tirée sans dommage. Elle m'a prié - comme
je lui parlais ce soir du départ de la poste
- d'écrire à Mme Niethammer et à vous ;
elle loge maintenant 12 officiers. J'ai
vu l'Empereur - cette âme du monde - sortir
de la ville pour aller en reconnaissance;
c'est effectivement une sensation merveilleuse
de voir un pareil individu qui, concentré
ici sur un point, assis sur un cheval, s'étend
sur le monde et le domine."
Hegel,
Correspondance, tome I, Gallimard,
coll. " Tel ", 1990, pp. 114-115.
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Plai(nt)e
béante, par Laurent
Carceles
"Je ne veux pas une lettre. Je veux
parler."
Walter à Erika, dans La
Pianiste
Aller voir La Pianiste. En ressortir.
Nauséeux. Normal ? Pas normal ? Film sur la musique "classique".
Avec de la musique classique. Final : l'héroïne sort de l'Académie
de Musique. Une plaie béante au cœur. Générique de fin.
Sans musique.
Division séculaire : les hommes, les femmes. Les hommes ? Attirants.
Malades mentaux. Salauds. Les femmes ? Attendant. Malades
mentales. Salopes. Qui a rendu qui ? Qui a mis au monde qui
? Erika, catastrophe écologique incarnée. Femme de fer. Froide
et sans sentiments. "Casse" ses élèves. Brise les verres.
Et les carrières. Professeur de piano. Musique. Lieu étouffant
d'émotions. Comme une cabine de ciné porno. Comme l'entrepôt
du matériel de hockey. Comme l'appartement de sa mère. Où
elle habite. "En vase clos". Puis l'étudiant. Amoureux. Blond.
Yeux bleus. Physique de rêve. Réouverture d'une fêlure. Frémissement
à la surface. Craquellement. Prince charmant ? Elle refuse.
Non. Alors que veux-tu ? Des coups.
Qui est victime ? Qui est bourreau ? Dans le film : on ne sait
pas. Premier pas vers lui : une lettre. La lettre, c'est la
charnière. Elle (se) révèle. Il refuse de la lire. Il n'en
veut pas. Il la poursuit chez elle. Elle lui redemande de
la lire. Il consent. Que dit la lettre ? "Frappe-moi",
"écrase-moi", "soumets-moi", "brise-moi". Il refuse.
Dégoût. Mais elle veut. Elle le veut ? Elle s'en veut ? Que
veut-elle ? La lettre, révélatrice de violence. Violence de
Walter. Violence tapie. Qui explose.
Casser les limites. "Ne te soucie pas de ma mère". Soumise.
Etre soumise. Etre forte. La plus forte. Pour tout choisir.
Tout contrôler. Quand on a mal. Quand on n'a pas mal. Amoureuse
? Pas amoureuse ? Folle ? Pas folle ? Folle de lui ? Folle
de sa mère ? Folle de son père, lui-même fou. Puis mort. Folle
de Schubert. Toujours à limite. Limite. Borderline.
Juste assez pour vivre dans le monde. Pas assez pour vivre
tout court. Elle a ce qu'elle veut, il la frappe. Il a ce
qu'il veut, il la baise. Nous, complices voyeurs.
Sortir du cinéma, cela peut devenir comme sortir d'une pensée.
Sortir d'une manière de voir le monde. Si "cela" pouvait être
vrai. Nous tournerions la page à ceux qui parlent sans cesse
à nos plaies et nos douleurs. Nous nous mettrions à en parler,
de ces douleurs, plutôt qu'à les taire ou à les frapper. Puis
nous parlerions de couleurs, peut-être. Pour pouvoir enfin,
si nous le voulons, passer à autre chose.
La Pianiste, film austro-français
écrit et réalisé par Michael Haneke, d'après un roman de Elfriede
Jelinek, avec Isabelle Huppert, Benoît Magimel, Annie
Girardot.
Site : http://www.mk2.com/pianiste/home.html
Sommaire
La correspondance de Fabre
"Vous êtes, vous aussi, fervent admirateur
des choses des champs, aussi je me fais un plaisir de vous
adresser le dernier paru de mes volumes sur les bêtes. Vous
y trouverez en particulier l'histoire du Scorpion languedocien
qui nous en apprend de bien étranges sur ses moeurs. La poésie
est partout, même dans le terrier d'un Scorpion."
Lettre à
Frédéric Mistral, 23 janvier 1906.
Jamais le mot "butinage" n'a été si approprié
! Jean-Henri Fabre (1823-1915) fut non seulement un grand
naturaliste mais, ce qui est plus rare, un grand écrivain
et à vrai dire le seul savant authentique à qui ses qualités
littéraires ont acquis la faveur du public : ses Souvenirs
entomologiques sont aujourd'hui un classique. D'origine
très humble, il vit d'abord de travaux agricoles et c'est
en étudiant seul qu'il prépare l'école normale et devient
instituteur ; par la suite, son amour inné de la nature l'invite
à poursuivre l'étude des papillons et des insectes. Ses textes,
d'abord destinés à l'enseignement, ont du succès ; il est
nommé en 1852 professeur de chimie à Avignon et enfin, en
1879, il se retire au domaine de l'Harmas, à Sérignan du Comtat,
où il restera jusqu'à sa mort. Fabre a aujourd'hui son site,
très riche, et, pour notre bonheur, il comprend nombre de
textes inédits, et en particulier des lettres, de lui bien
sûr, mais aussi de Charles Darwin ou de Stuart Mill, dont
plusieurs sont inédites.
http://www.e-fabre.com/index.htm
Sommaire
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Théâtre
Correspondances en Méditerranée, Lettre de Élise
M., de Louise Doutreligne, mise en scène Jean-Luc
Paliès.
Centre des Bords de Marne, 2, rue de la Prairie, 94170
Le Perreux sur Marne, tél. 01 43 24 54 28, du 10 au
14 octobre à 20 h 30.
Lettres de Marie Mattei à Théophile Gautier,
avec Marie-José Nat. Auditorium de Pigna, Festivoce,
Piazza a Ghjesgia, 20220 Pigna, tél. 04 95 61 73 13.
Le 19 octobre à 21 h et le 20 à 18 h 30.
La Poste populaire russe, d'Oleg Bogaev,
mise en scène Urzula Mikos, avec Yves-Robert Viala
et Isabelle Adam. Un vieux retraité s'écrit des lettres
à lui-même…
Proscénium, 2, passage du Bureau, 75011 Paris, tél.
01 40 09 77 19, jusqu'au 28 octobre.
Lectures
Lettres de prisonniers, par les membres
du Jeune Théâtre National, dans le cadre du Salon du livre
d'histoire. Archives
nationales, 60 rue des Francs-Bourgeois, 75004 Paris, tél. 01
40 27 62 97, le 19 octobre à 18 h 30, les 20 et 21 octobre à
21 h 30.
Programme complet du salon : http://www.dansleposte.com/.
Musique
Chostakovitch en lettres et en notes.
Mise en scène Philippe Delaigue, avec Yves Barbaut et le
Quatuor Debussy. Théâtre 71, Scène Nationale, 3, place du
11 Novembre, 92240 Malakoff, tél. 01 55 48 91 00, les 23 et 24
octobre à 20 h 30, le 25 à 19 h 30.
Spécial Lire en fête du 19 au 21
octobre
Du 19 au 21 octobre, la lecture est à l'honneur avec
la treizième édition de Lire en fête, une manifestation
dont l'importance ne cesse de grandir, à tel point qu'il
devient difficile d'en faire le tour.
Le site de Lire en fête : http://www.lire-en-fete.culture.fr/.
La Lettre dans tous ses états, lectures.
Librairie Hervieu, 7, rue E. Denis, 61200 Argentan, tél. 02 33
67 09 78, les 20 et 21 de 15 à 18 h.
Lettre d'une inconnue, d'après Stefan
Zweig, par Isabelle Bouhet. Maison des associations, rue René
Descartes, 86220 Ingrandes-sur-Vienne, tél. 05 49 02 01 14, le
20 à 20 h 30.
Bernard Jeunet, l'Art et les Lettres. Exposition
d'art postal. Galerie Clémenceau, rue Georges Clémenceau,
85400 Luçon, tél. 02 51 56 10 09, du 19 au 21.
Lettres et journaux intimes. Lecture, conte,
jeux-concours. Culture et Bibliothèque pour Tous, 11, rue René
Raban, 27360 Pont-Saint-Pierre, tél. 02 32 48 04 46, du 19 au
21. Correspondance théâtralisée à partir de textes de
Pérec, Kafka, Rimbaud, Van Gogh. Bibliothèque municipale, 5,
avenue Couaillac, 33810 Ambès, tél. 05 56 77 02 69, le 20 à 18
h 30.
Exposition sur la correspondance, spectacle et
lectures par le théâtre de la Cheminée et le théâtre du
Doigt dans l'oeil. Araules (43200), du 19 au 21.
Lecture-spectacle à partir des lettres de Cocteau à
Jean Marais. Médiathèque municipale, 14 avenue Jean Macé,
69150 Décines, tél. 04 72 93 30 10, le samedi à 10 h 30.
Ateliers pour enfants sur le thème de la
correspondance. Grazac (43200), du 19 au 21.
Correspondance et voyages, écrivains à bord des
paquebots et transatlantiques. Maison du Bailli, 26230
Grignan, tél. 04 75 46 57 16, jusqu'au 30 novembre.
Correspondance, littérature épistolaire et art
postal. Exposition de l'atelier d'art plastique et
présentations d'ouvrages épistolaires. Bibliothèque
municipale, Espace Intergénérations, 7 rue des Écoles, 35340
Liffré, tél. 02 99 69 36 91, jusqu'au 20.
Il était une fois... la correspondance.
Exposition. Panissières (42360), tél. 04 77 28 79 73, les 20
et 21 de 14 à 18 h.
Correspondances : les lecteurs usagers des
bibliothèques sont invités à répondre à une lettre mystérieuse
glissée dans le livre ou le disque emprunté ; ces lettres
seront lues le 20 par des comédiens. Dans toutes les
bibliothèques de Strasbourg, dont la Bibliothèque municipale
Strasbourg Robertsau, 2, rue Mélanie, 67000 Strasbourg, tél.
03 88 41 98 62.
Timbrés d'écrit, exposition, atelier d'art postal et
lecture spectacle pour les enfants. Bibliothèque
municipale, 72 route de Vienne, 69320 Feyzin, tél. 04 78 67 60
88, le 20. Exposition d'art postal tout le mois d'octobre.
Exposition d'art postal dans les dix librairies
anciennes de la ville. La Charité-sur-Loire (58400),
tél. 03 86 70 18 99, du 19 octobre au 19 novembre.
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A nos lecteurs
Le principal rôle de La Poste est de
distribuer le courrier. Sa Fondation en revanche souhaite le
conserver… Si vous avez en votre possession des lettres de
personnes célèbres, des lettres ayant un intérêt historique ou
documentaire, nous vous invitons à nous
contacter.
Sylvie Pélissier, Déléguée générale de la
Fondation. |
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Romans, fictions
• Claude-Prosper Jolyot de Crébillon,
Lettres athéniennes, extraites du portefeuille
d'Alcibiade. Le dernier roman épistolaire du maître du conte
licencieux est en même temps une fiction philosophique. Nizet,
468 p., 200 F.
• Georges Simenon, Menaces de
mort. Émile Crobois a reçu une lettre anonyme le
menaçant de mort. Maigret s'occupe de l'affaire… Omnibus,
60 F.
• Catherine Clémenson, Intime
connexion. Un premier roman dont l'intrigue repose sur
l'usage du Minitel rose. Maurice Nadeau, 200 p., 98 F.
• Antonio Soler, Les danseuses
mortes. Dans l'Espagne des années soixante, un jeune
adolescent reçoit des lettres de son frère qui travaille à
Barcelone. Albin Michel, 338 p., 130 F.
• Jill Dawson, Fred et Edie.
En 1922, à Londres, Edith Thompson et Frederick Bywaters sont
condamnés à mort pour le meurtre du mari d'Edith sur la foi de
leur correspondance et de la personnalité peu conformiste de
la jeune femme. Malgré d'intenses protestations (dont celle de
Virginia Woolf), ils seront pendus l'année suivante.
• Patricia Reznikov, Juste à la porte
du jardin d'Eden. L'héroïne est sous le charme d'un
vieux poète avec lequel elle entame une étrange
correspondance. Un deuxième roman. Mercure de France, 300 p.,
121,35 F.
• Françoise Lefèvre,
L'offrande. Une femme revit la passion et
l'éloignement avec l'homme de sa vie à travers leur
correspondance amoureuse. L'auteur a reçu le grand prix des
lectrices de Elle en 1974. Éditions du Rocher, 184 p.,
104,95/16 €.
• Benjamin Tammuz, Le
minotaure. Un amour obsessionnel et meurtrier entre un
agent secret et une jeune fille, qui se manifeste d'abord par
un torrent de lettres. Le Serpent à plumes, 232 p., 42,64
F/6,50 €.
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Correspondances
• Annabel Buffet,
Post-Scriptum. Une longue lettre d'adieu envoyée au
peintre décédé par sa veuve, elle-même écrivain. Presses de la
Cité, 170 p., 91,33 F/14 €.
• Ian Gibson, Lorca-Dali, Un amour
impossible. Basé sur la correspondance de Dali, la
relation de la relation "érotique et tragique" qui a lié le
peintre et le poète et qui, selon l'auteur, aurait eu pour
conséquence d'entraîner Dali dans la folie. Stanké, 144,31
F/22 €.
Religion, philosophie
• Saint Bernard de Clairvaux,
Lettres. Tome 2, lettres 42-91. Éditions du Cerf,
coll. " Sources chrétiennes", 532 p., 236,14 F/36 €.
Divers
• Claudio Monteverdi, Correspondance,
préfaces, épîtres dédicatoires. Pierre Mardaga, coll.
"Amicus", 286 p., 360 F.
Poches
• Gustave Flaubert,
L'homme-plume. Un choix de 26 lettres parmi
l'"hénaurme" correspondance de l'écrivain. Mille et une nuits,
112 p., 12,80 F/1,95 €.
Enfants, jeunesse
• Evelyne Brisou-Pellen, Les disparus
de la malle-poste. En 1794, une malle-poste arrive au
relais sans passagers, et sans le courrier confidentiel sur le
mouvement des troupes qu'elle contenait… Gallimard
Jeunesse, 196 p., 32,50 F.
• Fabrice Colin, Les enfants de la
lune. Sous l'Occupation, le jeune Adrien
récupère un message destiné à son grand-père, décédé dix ans
auparavant… Mango, 230 p., 59 F.
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LIRE EN
FÊTE : 19, 20 et 21 octobre
2001
A l'occasion de Lire en Fête (http://www.lire-en-fete.culture.fr/lire2001/index.html), le
site Internet Fondation la Poste propose deux animations,
l'une avec IDLivre (cf. Correspond@nces du 13
septembre), l'autre avec
FloriLettres.
A partir du 8 octobre, nous
envoyons chaque jour aux abonnés de FloriLettres une lettre
issue de la correspondance inédite de Xavier Bazot et Georges
Merillon, et de la correspondance inédite de Arnaud Cathrine
et Olivier Adam. Ces textes épistolaires ont été écrits
pour Lire en Fête.
Xavier Bazot, écrivain, Tableau de la
Passion, POL, Stabat Mater, Le serpent à
plumes). Georges Mérillon, écrivain et poète,
dernière parution : Avoyance, Tarabuste. Arnaud
Cathrine, écrivain, Les yeux secs 1998, L'invention du
père, 1999, Mon démon s'appelle Martin, 2001, La Route de
Midland, 2001, Verticales. Olivier Adam, écrivain,
Je vais bien, ne t'en fais pas, roman, Le Dilettante
2000 et Pocket 2001) - A l'Ouest, roman, L'Olivier
2001.
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Dans la Boitimelle de Correspondances
Variations factorielles
"Le facteur est celui qui fait, qui crée quelque
chose", nous dit monsieur Robert.
Alain Rey renchérirait en nous précisant qu'au 16ème
siècle, ce mot désignait l'écrivain, l'artiste et
même le Dieu créateur.
Aujourd'hui, s'il est moins artiste et plus livreur,
il n'en est pas moins faiseur.
Non un factotum, homme à tout faire, mais un tisseur
de liens, un acteur majeur de la couverture sociale...
Un messager qui, par tous les temps, livre des plis
afin que les gens ne se froissent. A pied, en vélo,
en auto, ce chevalier des temps rustiques colporte
dans les coins les plus reculés des secrets qu'il
ne verra jamais.
Qu'importe !
Le contenant est souvent plus important que le contenu
: Il est parfois attendu comme le messie, non pour
la missive ou le colis qu'il remet mais par le cadeau
de sa seule présence. Il est le soleil de bien des
matins gris. Il montre le chemin aux perdus des
fins de terre.
Alors, point de calcul déplacé sur la rentabilité
de l'espèce : il faut protéger cet acteur au cachet
modeste, ce musicien qui compose une petite musique
sociale pour un grand public conquis.
Il faut compter sur le facteur humain !
Agent conservateur
X42 22092001 | |